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Année 1994

Rêves de cuir

Pro Evolution Soccer 6 - PS2

Jeu de Foot - Sortie en France le 26 octobre 2006

Alors que la secte des joueurs PES ne cesse de croître de saisons en saisons, le succès du dernier né de la série semble déjà assuré. Fort de son statut de meilleure simulation de football, qui reste indiscuté, Pro Evolution Soccer se complait pourtant dans de petits défauts qui seraient rédhibitoires pour un autre jeu. Encore un coup de "Seabass" ?


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Chaque année, c'est la même rengaine. Les inconditionnels de PES se jettent sur la dernière version de leur simulation favorite avec l'espoir fou que les améliorations dont ils rêvent la nuit ont enfin été exaucées par maître Seabass. Plus de licences ? Une meilleure IA ? Des transferts mis à jour ? Des commentaires potables ? Les demandes ne manquent pas mais apparemment Konami n'est toujours pas décidé à les traiter. Du moins, pas toutes à la fois.

Avec la sortie de la première version Next Gen sur Xbox 360, qui a dû accaparer les développeurs au vue des sacrilèges pratiqués notamment sur le mode édition, on pouvait se douter que PES 6 ne marquerait pas de révolution majeure sur une PS2 qui a déjà donné tout ce qu'elle avait dans le bide. Toutefois, Shingo "Seabass" Takaksuta et son équipe ont fait ce qu'il fallait pour nous sortir un volet digne de ce nom qui propose aux joueurs un nouveau challenge : réapprendre à défendre.

Défendez maintenant

Histoire de nous sortir de notre routine de joueur PES (voire ISS pour les plus vieux adeptes), les créateurs ont eu la bonne idée de rénover totalement le jeu défensif. Là où l'IA guidait secrètement le placement de votre arrière garde et coordonnait dans l'ombre votre pressing, vous voilà désormais plus ou moins livré à des attaquants insaisissables qui bénéficient d'un nombre de contre favorables plus important que dans les opus précédents.

Passé un moment de frayeur où l'on se dit que Seabass a recruté ses développeurs dans une fumerie d'opium, arrive l'illumination. Hé oui, maintenant c'est à "nous" de défendre ! On oublie les pressings à la sud-coréenne, les un contre un défensifs remportés les doigts dans le nez et les tacles tellement propres qu'on n'y croit pas.
Chaque intervention doit être pensée sous faute de sanction immédiate. Et une fois la possession récupérée, la remontée de balle s'avère également plus fastidieuse, ce qui accentue l'alternance entre les périodes de domination. Une fois maîtrisé, ce nouvel aspect du jeu s'avère globalement positif puisqu'il répond au désir de réalisme de l'utilisateur. Les joueurs sont moins figés dans leurs courses et leurs déplacements ce qui nous donne plus de liberté. Bref, les erreurs qu'on pouvait imputer à l'ordinateur, parfois à raison, sont désormais de notre fait.

La politique du contre

En contre-partie, les attaquants ne démarrent plus comme des dragsters et ont perdu de l'adresse sur les tirs en pivot ou en déséquilibre. La prise en compte du timing, des appuis et de la pression défensive semblent avoir été accentuée depuis PES 5 et il vous arrivera souvent de voir vos frappes de loin partir en tribune ou même de manquer un but tout cuit aux six mètres. D'autant que la sensibilité de la jauge de tir s'est également accrue.
Mais que les amateurs de grosses pralines se rassurent, on peut encore mettre des buts à la Torsten Frings. Ils sont justes plus dur à réaliser face à des gardiens moins passoires que sur la version précédente. Dommage que les contres excessivement favorables aux joueurs stars (Ronaldinho, Henry, Messi...) viennent mettre à mal ces bonnes intentions.

Autre secteur de jeu qui tendait à s'arcadiser, le coup-franc renoue lui aussi avec la rigueur propre à PES. D'une, les tirs décalés de 40 mètres qui lobaient le gardien - quel bug horrible - ont été supprimés. De deux, il est maintenant moins facile de jouer les Juninho virtuels. Une autre arme s'offre cependant à vous : le coup franc joué rapidement. Très utile tant qu'on ne passe pas le ballon directement à l'adversaire.

D'une manière générale, la prédominance des actions individuelles a été revue à la baisse et faire fit du jeu collectif devient de plus en compliqué à moins de tout miser sur les accélérations d'un Henry ou d'un Ronaldinho. L'équilibre entre réalisme et plaisir de jeu n'est pas encore parfait - le sera-t-il un jour ? - mais PES 6 redresse nettement la barre après un épisode 5 qui offrait trop de buts tout cuits. Pour le reste, il faudra attendre PES 7 et une vraie version Next Gen pour voir tous les envies de Seabass (notamment en ce qui concerne l'IA) concrétisées par ses développeurs.

Les détails qui tuent

Passées ces considérations sur l'animation, on peut enfin se pencher sur tout ses petits détails qui prennent une importance capitale dans un soft consommé de manière compulsive par une bonne partie des joueurs. Et c'est là qu'on commence à faire la moue.
Tout d'abord, les licences, défaut historique de PES. Cette année, Konami nous gratifie de l'introduction de la "Ligue 1 Orange" (adieu les matchs Rhône vs Ile-de-France) mais a au passage sacrifié la Bundelsiga qui se voit représenté par une seul club, le Bayern Munich, rangé parmi les FC Bruges, Gklasgow Rangers et autres FC Copenhague. Les fans du Werder Brême, par exemple, devront donc passer un certain temps dans le mode édition pour recréer leur équipe préférée.

Pour le reste, on reste donc sur notre faim. Les compétitions habituelles sont maintenues et ceux qui espéraient l'introduction de la Ligue des champions devront repasser ou se contenter du Challenge International, équivalent des éliminatoires de la Coupe du monde. Un mode jeu intéressant et à développer qui permet de jouer des matchs de qualifications en convoquant les joueurs les plus en forme avant d'arrêter une liste de 23 joueurs qui participeront à la Coupe Internationale (soit la Coupe du Monde).

Licence to kill

La possibilité de charger le fichier option de son PES 5 (noms des joueurs, des stades, fanions, etc...) fera gagner un temps précieux aux perfectionnistes. En outre, la mise à jour des transferts a été nettement été améliorée.
Cependant, on peut remarquer que l'abondance de licences est à double tranchant puisqu'une nouvelle fois, on ne peut pas accéder au maillot des équipes officielles dans le mode modifier. Avant de vous lancer dans un longue aventure en Ligue des Masters, pensez donc à prendre une équipe non-licenciée si vous souhaitez pouvoir modifier vos jeux de maillots pendant les intersaisons.

Les fanas de l'édition seront donc contents de trouver une liste de 18 clubs totalement vierges qui leur permettront de (re)créer une équipe à leur guise. Pratique pour ressusciter le championnat d'Allemagne ou donner vie, ceci est une proposition personnelle, à des clubs classiques (Milan, Real Madrid, Manchester United & co) où vous pourrez intégrer tous les joueurs de légendes à débloquer dans le PES SHOP. Et se faire un PSG - OM avec Weah - Ginola contre Papin - Wadlle, moi je trouve que ça a de la gueule.

Sans commentaires

Le vrai parent pauvre de Pro Evolution Soccer se trouve du côté de l'animation sonore, au moins aussi déplorable que dans les versions précédentes. Si Konami a fait un petit effort du côté de l'ambiance dans le stade, les commentaires de Christian Jean-Pierre et Jean-Luc Arribart, à 90 % recyclés sur PES 5, sont toujours aussi affligeants et souvent en décalage avec le jeu. Les pauvres bougres confondent centre et tir, blâment le gardien après un arrêt réflexe ou bien nous livrent des analyses désespérantes sur la possessions de balle. A croire que c'est devenu la marque de fabrique du jeu et qu'il en sera ainsi jusqu'en 2100 !

Au final, ce PES 6 version "Old Gen" a encore de beaux arguments, surtout si l'on considère le côté un peu bâclé de son cousin paru sur Xbox 360. Pour ce qui est de l'évolution de la série, on se doute que nombres d'améliorations possibles restent au placard en attendant que la Next Gen offre de nouvelles possibilités et relance l'imagination des concepteurs de Konami. En maintenant les utilisateurs de PES dans l'attente du jeu ultime - qui n'arrivera sans doute jamais - ce petit malin a trouvé le moyen de nous tenir en haleine jusqu'à la nuit des temps. Amen.

Pro Evolution Soccer 6
Edité et développé par Konami
Jeu de Foot sur Xbox 360, Xbox, PS2, PSP, DS, PC
Sortie en France le 26 octobre 2006

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Edouard Orozco - 20 septembre 2007

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