Au Grand Palais, illustrations de Beatrix Potter, Gustave Doré et Honoré Daumier et films de Murnau voisinent avec études préliminaires et extraits de films tout droit sortis des studios Disney. Quelque 500 pièces montrent quel recycleur génial fut le père de Mickey et du film d'animation à l'américaine. Plastiques, cinématographiques et littéraires : Walt Disney a multiplié les sources pour créer son art.


- Galerie : Walt Disney revisité : Donald, Mickey, Winnie remixés
- Voir aussi : Walt Disney en images : la galerie de l'expo.
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Walt Disney au Grand Palais. Le roi du divertissement de masse made in America dans le temple de l'art de la plus haute exigence : un crime de lèse-majesté ? Pas tant que ça. Car, quand on y regarde d'un peu plus près, cette vaste exposition de rentrée, loin d'être une simple balade pour mômes, où les extraits de Fantasia succèderaient à ceux de Peter Pan, affiche une ambition plus vaste. En s'attachant aux longs-métrages, de Blanche-Neige et les sept nains au Livre de la Jungle (entre 1937 et1967), il s'agit de montrer, près de 500 pièces à l'appui, comment l'artiste américain a créé son empire. Un monde merveilleux pour les uns, système de consommation culturelle à grosse échelle pour les autres, les deux n'étant pas forcément contradictoires.
Et ce, en s'entourant de collaborateurs particulièrement doués - pour la plupart émigrés d'Europe - et en puisant dans mille et une sources, littéraires, cinématographiques, picturales, souvent européennes. On ne dira pas grand chose en revanche sur l'anticommunisme affiché de Disney et ses accointances avec le macarthysme. Peut-être n'était-ce pas l'objet.

Collectionneur-recycleur
Le grand patron des studios Disney collecte... et recycle. En 1935, il séjourne en Europe, pour recevoir une distinction de la Société des Nations. Ce sera l'occasion de constituer un fonds richissime, destiné à la Disney Animation Library : près de 350 ouvrages, français, anglais, allemands ou italiens. Gustave Doré, Honoré Daumier, Benjamin Rabier ou Heinrich Kley y figurent. Au gré de l'exposition, on découvre leurs œuvres comme autant de bases d'inspiration.
Le cinéma aussi joue un rôle important. Joan Crawford a inspiré le personnage de la reine dans Blanche-Neige, Shirley Temple ou Janet Gaynor celui de Blanche-Neige elle même. Vous retrouverez même un peu des pin-up américaines chez la Fée Clochette de Peter Pan.
Une salle met en parallèle, sur deux écrans, des extraits de films estampillés Disney et de grands classiques du cinéma. Voyez comme Donald, dans Modern Inventions emprunte au Chaplin des Temps modernes, ou l'apprenti sorcier de Fantasia au Cabinet des figures de cire de Paul Leni ou au Faust de Murnau !
Ce sont les décors majestueux des œuvres de Disney qui doivent le plus à la peinture et au dessin. Autres sections d'intérêt, celles consacrées à l'anthropomorphisme, l'influence de Walt Disney sur l'art contemporain avec quelques clins d'œil amusants, dans des œuvres signées Combas ou Peter Saul. Enfin, Destino. Du projet de collaboration étonnant et avorté entre Disney et Dali, subsistent une centaine de planches, sorties de l'oubli et montées en 2000, pour en faire un court métrage de 6 minutes (Cf. extrait vidéo de Destino sur le blog Cinéma).

Décor kitsch
Le tout, dans un décor qui tranche avec l'austérité habituelle des accrochages du Grand Palais. Les sols sont rouges ou verts, les murs itou, desquels se détachent les oreilles du célébrissime Mickey - « Et n'oubliez pas que tout a commencé par une souris » - ou des décors d'œuvres de Disney. Enfin, ici et là des éléments pailletés d'or, résolument kitsch, qui évoquent le cercueil de Blanche-Neige.
Eclairant à plus d'un titre donc, le parcours n'interdit pas de rêver et se marrer un peu. La danse des éléphants roses de Dumbo ou Destino fournissent quelques moments réjouissants.
Et La Belle au bois dormant, une ritournelle entêtante ( « Mon amour, je t'ai vu au beau milieu d'un rêêêve » ), qui risque d'en poursuivre quelques-uns à la sortie du musée.

"Il était une fois Walt Disney"
Aux sources de l'art des studios Disney
Galeries Nationales du Grand Palais
Du 16 septembre 2006 au 15 janvier 2007


Illus.1 : Blanche-Neige et les sept nains, La Reine tenant le coffret (détail), 1937. Décor de production ; Collection Stephen Ison © Disney 2006.
Illus.2 : Scénographie de l'exposition. Vue d'une salle. Atelier Mendini © Mendini/2006.

Nedjma Van Egmond



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- Lire la biographie de Walt Disney
- Galerie 1 : Walt Disney revisité : Donald, Mickey, Winnie remixés
- Galerie 2 : Walt Disney en images : la galerie photos de l'exposition
- Lire les fils grand palais, expos, expos à paris sur De Visu, le blog expos
Sur le web
- Le site des Galeries Nationales du Grand Palais


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