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Servi par le talent comique d'un Jack Black survolté, Super Nacho décrit l'ascension laborieuse d'un catcher perdu dans la mancha mexicaine. Personnage de cartoon grandeur nature, l'acteur trouve tout naturellement sa place au sein de l'univers déjanté de Jared Hess, cinéaste devenu culte outre atlantique. Un film riche en références (voir l'analyse ultra-documentée de notre spécialiste maison) qui ouvre une boite à souvenir muy tipico : les films de luchadores.
Encore méconnu en France, Jared Hess jouit d'une popularité sans borne aux Etats-Unis. Tout auréolé du succès de son précédent film, Napoleon Dynamite, il revient en grandes pompes dans un décor tout différent, s'appuyant sur le personnage de Santo, héros d'une série de films populaires au Mexique. En sueur, les cheveux gras, et l'œil torve, le catcheur est d'emblée un personnage de comédie. Dans le film de Jared Hess, il devient une figure pathétique typique de l'univers du réalisateur, peuplé d'êtres aux physiques ingrats et en mal de reconnaissance.
Le héros de Super Nacho n'aspire qu'à une chose : devenir un super catcher, et séduire ainsi la belle Encarnacion. Accessoirement, cela lui permettrait de gagner assez d'argent pour trouver de quoi nourrir décemment les orphelins du monastère dont il a la charge. Jared Hess s'est littéralement immergé dans cet univers, employant les gens du coin dans une démarche presque néoréaliste. Au-delà du folklore, il marque de son sceau la démesure des combats et le look désastreux des luchadores. Conscient du potentiel comique de ses personnages, il exploite à fond le filon, dans le style hyperréaliste qui lui est propre. Mais le succès du film repose pour une large part sur la pertinence du casting et le talent comique de Jack Black, en passe de devenir un poids lourd du cinéma américain.
Acteur au physique hors norme, il enchaîne les sauts de cabri. Félin, il minaude et se ramasse. Il forme avec son acolyte, « el squeletto », un couple détonnant dans la ligné de Laurel et Hardy. Le décalage entre son physique et la préciosité de ses mimiques sont les principales sources de comique du film. On pense bien sûr à Austin Powers dans ses bons jours, ou encore aux joueurs de bowling de The Big Lebowski des frères Coen. Puis on oublie : l'univers de Super Nacho est sans pareil.
Dans un premier temps, le film se déploie sans heurt, Nacho essuyant échec sur échec jusqu'à la rupture. A son rythme lent s'oppose la rapidité de la seconde partie, fulgurante et laissant le spectateur quelque peu sur sa fin. Ce qui n'empêche pas les costumes, le décor et les personnages de former un tout crédible et cohérent (l'histoire se déroule opportunément dans les années soixante-dix), habité par un cinéaste au comble de son talent. Et si le succès est au rendez-vous, le dénouement laisse présager une suite, et même pourquoi pas, comme pour les œuvres originales ayant servi d'inspiration, une série de films.
Super Nacho
Réalisé par Jared Hess
Avec Jack Black, Ana de la Reguera, Héctor Jiménez
Etats-Unis, 2005 - 92mn
Sortie en France : 1er novembre 2006
Bande Annonce :
Sur le Web :
- le site officiel
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