Il existe plusieurs définitions du psychédélisme. Selon Timothy Leary, théoricien et acteur du mouvement, « une expérience psychédélique est un voyage dans de nouveaux champs de conscience. La portée et la teneur de l'expérience sont sans limite, mais ses caractéristiques sont la transcendance des concepts verbaux, des dimensions d'espace-temps et du moi ou de l'identité » (Manuel Psychédélique, 1964). Le psychédélisme sur Flu ? Un trip complet à suivre en sirotant la Radio Psyché.


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En d'autres termes, le psychédélisme s'apparente à une tentative d'élévation au-dessus du réel, pour aboutir à un degré supérieur de conscience.

C'est là que certaines drogues interviennent : le LSD, la Mescaline, plus quelques acides et champignons... Hallucinogènes, elles deviennent « psychédéliques » par leur capacité à « ouvrir les portes de la perception » pour citer une célèbre formule d'Aldous Huxley. Reprenant une antique fonction de la drogue, que beaucoup de rites magiques semblent avoir employé, les théoriciens du psychédélisme ont fait d'elle un instrument « mystique », au sens strict : le moyen de découvrir quelque chose de caché.

Pris dans un phénomène historique curieux : le mouvement hippie, le phénomène psychédélique a donc consisté en un engouement pour les drogues hallucinogènes, combiné à une fascination pour les mystiques orientales (bouddhisme, hindouisme et multiples dérivés sectaires de ces deux religions) et certaines idées de la gauche révolutionnaire. Dans une société excédée par la Guerre Froide et les archaïsmes moraux, la jeunesse américaine - bientôt suivie par les Européens - voulut réécrire les règles du monde. Et tout ce qui pouvait être transgressif, ou amener à une vision différente des choses, était bon.

On connaît la suite : l'histoire s'est terminée en eau de boudin vers la fin des années 60, et le monde n'a pas tant changé que ça, à part une libération sexuelle trop souvent surestimée. Néanmoins, sur le plan culturel, le psychédélisme à laissé des traces : quelques grands films (« Blow-Up » d'Antonioni ou « 2001 » de Kubrick), des bons livres et une contribution majeure à l'histoire du rock, dont on peut encore ressentir les secousses. L'acid-rock (ou rock psychédélique) correspond exactement au moment où les choses ont basculé, où le vieux rock'n roll a définitivement passé l'arme à gauche pour renaître, changé en ce caméléon électrique que nous connaissons aujourd'hui.

Difficile de caractériser l'esthétique psychédélique... Pour toutes les raisons déjà évoquées, elle est avant tout affaire d'idées. Visuellement, elle s'est souvent caractérisée par un usage excessif des lumières vives et des couleurs, destiné à hypnotiser le regard. Musicalement, le rock psychédélique se doit d'être planant, d'accompagner au mieux l'auditeur dans un trip. Ce qui passe par un certain nombre de stratégies (transes répétitives, dissonances, effets électroniques, etc.) qu'on essaiera de présenter plus en détails dans la playlist.

L'histoire du psychédélisme est compliquée, délirante et trop riche pour être divulguée intégralement en quelques pages. On essaiera néanmoins d'indiquer quelques pistes, pour mieux comprendre le rôle charnière de cette époque.

Rock psychédélique

Boris Ryczek



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