Action-aventure-puzzle pour PSP - Edité par Sega
Super Monkey Ball est, à l'origine, un enchaînement de puzzle-supplices au dessus du vide, que l'on inflige à de mignons petits singes emprisonnés dans une boule de plastique. Les nouveaux barbares kawaï. Confiner ce sadisme à un alter-monde de plateaux gazonnés était une hérésie. Sega a donc ouvert l'espace sur plusieurs mondes, en préservant, en guise de ponctuation, la recette originale. La sauce prend-elle encore, maintenant que les macaques sont lâchés dans la nature ?
Super Monkey Ball avait la séduction facile. D'adorables singes aux cris mignons auxquels on faisait dévaler des labyrinthes sadiques, perdus au dessus de gouffres sans fond. De mignon à moignon, il n'y a qu'un gnon. Les développeurs avaient envie d'ouvrir la cage aux primates, afin de les voir s'ébattre en grand, utiliser les puzzles in situ, et non plus comme noyau du jeu.Boulettes de singe sauce moyennement piquante
Votre quête se présente sous la forme d'une carte géante, partitionnée en plusieurs mondes, dans lequel votre singe de choix devra récupérer des bananes pour parfaire son score, et résoudre quelques énigmes pour débloquer des portes, neutraliser des ennemis en leur roulant dessus. Tout un programme digne d'un tableau d'activité Playskool. Néanmoins, au fur et à mesure des casse-têtes, que l'on déverrouille en complétant des épreuves de Super Monkey Ball classique, une remarque cinglante se fait d'elle-même : Dieu qu'on s'ennuie.
La ressemblance avec Donkey Kong Country et sa récolte de fruits obsessionnelle se formule rapidement dans les esprits. La virtuosité en moins. La capricieuse boule de plastique vous donnera de violentes crises de nerfs, dès le premier satané régime de bananes haut perché. Niveau amusement, c'est le jeu qui est au régime. Sans sel, sans fun. Ce qui devait être un plaisir revient à un processus pénible et rébarbatif. On finit par ne plus prêter attention aux mini-quêtes nullissimes que vous proposent les personnages secondaires du jeu. On file à toute allure de carte en carte, pour trouver et compléter les puzzles le plus vite, puis les refaire plus tard, parfaire un peu son temps. Ce ne sont pas les ennemis qui vous gêneront. Ils doivent tous partager le même neurone qu'ils se transmettent au décès. Vous venez de saisir la portée de l'expression "crétin des îles".
Je suis comme une boule de flipper...
Mais quelqu'un d'autre joue à ma place. C'est un peu ce qu'on ressent dans la géographie de Super Monkey Ball Adventure. Le level-design à la Sonic the Hedgehog se prête très mal au comportement de la baballe folle qui retient votre Singe. Il a d'ailleurs le cœur très bien accroché, le macaque, car on craint à chaque cabriole incontrôlée qu'il ne finisse par se noyer dans son propre vomi. Du désagrément de vivre dans une sphère hermétique. Vous pesterez à temps plein contre les rebonds improbables du primate. A défaut de pester contre l'absence de rebondissements de l'intrigue.
Pourtant les intentions étaient bonnes. De nouvelles fonctions ont été ajoutées à votre moyen de transport. Ainsi, vous pouvez adhérer aux surfaces, modifier la taille de la boule, la renforcer de planches de bois... des améliorations de gameplay qui se retrouvent impitoyablement mises à sac par le moteur physique fantaisiste.
C'est d'autant plus regrettable que la caméra, positionnée sur les touches de directions - alors que le déplacement se trouve sur le stick analogique - ne vous handicape quasiment pas. En effet, le peu de contrôles nécessaire permet de placer d'autres rotations de point de vue à partir des gâchettes, une alternative qui repoussera de quelques mois vos foudroyantes crises d'arthrite.
Le retour du Capitaine Ook
Une faible lueur d'espoir dans la jungle, le mode multi joueurs. Des mini-jeux à quatre qui ont le mérite d'être assez prenants, en dépit de leur répétitivité. On s'amuse beaucoup, plus les épreuves sont idiotes, d'ailleurs, plus on rit. On pourrait penser un temps que cet à-côté pourrait remonter le niveau général de soft, mais une fois passé la brise rafraîchissante des mini-jeux, calme plat sur l'archipel aux singes. On s'ennuie ferme à nouveau.
Une grosse déception que ce Super Monkey Ball Adventure, en comparaison des épisodes précédents, exclusivement composés de puzzles. L'ouverture de l'univers sur un terrain escarpé et jonché d'obstacles ne facilite pas les choses quand on dirige un singe barjo sequestré dans une boule glissante. Peupler les niveaux de personnages à quêtes ne sert qu'à masquer le manque d'action global. Malgré l'apparent foisonnement des cartes, la pauvreté des textures et l'insipidité des musiques ne font qu'enfoncer le clou.
On finit par se demander si les singes ne sont pas mieux en captivité, dans leur enfer gazonné. Le zoo ferme ses portes, n'oubliez pas le guide Messieurs-Dames.

Sur le web
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- Site officiel du jeu
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