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Année 1998

L'autre coupe du monde

Coupe du monde des jeux vidéo 2006

Reportage à l'Electronic Sports World Cup de Bercy

Alors que le mondial 2006 enthousiasmait la France, un bataillon de sportifs nouvelle génération envahissait Bercy la semaine dernière... Cette petite sœur électronique, c'est la Coupe du monde des jeux vidéos aussi connue sous le nom d'ESWC, l'Electronic Sports World Cup. Reportage.


- sur le forum jeux vidéo : quid des sports électroniques ?
- interview de Bruce Grannec - Champion du monde de PES

750 participants venus de 53 pays, et des milliers de fidèles supporters. Ils n'ont pas un ballon au pied mais un clavier entre les mains : la Coupe du monde des jeux vidéo a eu lieu du 30 juin au 2 juillet et elle faisait de l'ombre aux bleus. Une toute petite ombre, certes, car l'événement est encore méconnu chez nous. Mais il fêtait déja sa quatrième édition. Et, signe de son succès grandissant, investissait pour la première fois le prestigieux Palais omnisport de Paris-Bercy. Au menu : trois jours d'affrontement virtuel sur Quake IV, War Craft III, PES 5, Gran Turismo 4, TrackMania Nations (un petit nouveau parmi les disciplines officielles), et le choucou : Counter Strike. L'attachée de presse, Delphine, s'enthousiasme Ce que vous voyez ici, c'est la crème de la crème, les meilleurs joueurs de chaque pays".

Au milieu de l'arène et des terrains de baston virtuels, la crème de la crème est tendue. Tous sont là pour tenter de décrocher le gros lot : 400 000 $ en tout, dont 52 000 pour les gagnants du tournoi Counter Strike. Dans la pénombre clignotante, on entend surtout crier les joueurs. "La communication, c'est ce qui fait la force de l'équipe, explique Nicolas, manager de l'équipe française Goodgame. On a même créé un vocabulaire connu de nous seuls". En tant que spectateurs, il est assez amusant d'observer les coachs gesticuler derrière les ordinateurs pour crier des noms de codes à leurs poulains.

Un tournoi cosmopolite
Côté gradins comme dans l'arène, on entend parler toutes les langues. Sur place, beaucoup d'amis venus soutenir leurs champions, mais aussi des passionnés ou des curieux. Victor, 23 ans, arrive d'Espagne : "Depuis que je suis tout petit je pratique le jeu vidéo, et c'est incroyable de voir ça aujourd'hui. Des compétitions comme celle là, ça fait grandir le sport électronique", s'enthousiasme-t-il. Arnaud et Cécilia, 19 et 18 ans, sont venus en couple : "On joue tous les deux à Counter Strike et on avait envie de voir comment se passe une coupe du monde. Si je pouvais, j'irais bien jouer avec eux !" Quant à Hugo, il devait participer mais a manqué de peu les qualifications : "Alors je viens voir comment s'en sort l'équipe qui nous a éliminé".

Alors que la ruche bourdonne de matchs de pools croisés, l'équipe française des Beat of the best (BTB) se prépare pour un duel important. Les cinq jeunes femmes sont déjà de vrais stars. "Faut voir avec notre attachée de presse", répondent-elles lorsqu'on demande une interview. Accord obtenu, Axelle, 17 ans, livre ses impressions :"Le jeu vidéo est notre passion, on s'entraîne trois heures par jour toute l'année pour ça, alors on veut gagner". Repérée par les BTB l'année de son bac, Axelle, refuse la proposition pour privilégier ses études. "Mais en septembre 2005 une joueuse a quitté l'équipe, alors elles sont revenues me chercher. Cette fois ci, j'ai foncé, et après avoir passé tous les tests, j'ai pu intégrer l'équipe".

Des geekettes en mini jupe
Cette année les filles sont 150. Sur 750 participants ça paraît peu. Malgré une progression, la communauté de joueuses demeure restreinte. "Ca nous avantage dans la compétition" analyse Olivia, 21 ans, membre des BTB. Car les garçons, qui jouent depuis plus longtemps, ont eu le temps de se perfectionner. Cet écart de niveau est perçu de différentes manières par la gente féminine. Certaines tentent le mimétisme et l'intégration. Le genre de filles à se faire traiter de garçons manqués.
D'autres jouent le décalage total. La palme revient aux joueuses nordiques et slaves. Les jupes sont mini et les propos maxi girl power. Lidija, joueuse serbe lance : "Nous aimons combattre avec les garçons. Parce que nous les femmes, sommes plus belles et plus intelligentes qu'eux". La danoise Anja est une vraie bombe : "on est super féminines mais quand on joue on se transforme en mecs plaisante-t-elle". Certains tournois sont mixtes, et d'autres exclusivement féminins. Parce que les filles aiment pouvoir se hiérarchiser nous dit-on. "J'aimerais beaucoup affronter les Américaines qui sont très fortes, affirme la Chinoise Jia Wang. Mais vous savez, au sein de l'équipe nous sommes très copines".

Un match prémonitoire
Quand viennent les affrontements importants, le staff sort sa paire de commentateur et de pom-pom girls. Axelle et ses coéquipières des BTB prennent place sur le podium central. En attendant le match de foot du samedi soir, c'est à Bercy et via Counter Strike que se tiendra le match France-Brésil. D'entrée de jeu, un 3-0 fait hurler la foule. "Et 1... et 2... et 3-0" crie-t-elle, ivre de fierté. Finalement la France met les Brésiliennes KO 19-11.
Ce n'est que le début d'une longue série de victoires puisque notre contrée bleu blanc rouge remportera au final cinq des sept titres mondiaux... Elle arrache entre autres le titre sur PES5, côté garçon, et Counter Strike côté filles (encore les BTB). Que d'honneurs pour les créateurs de l'événement. Et oui, re-cocorico, les papas de la coupe du monde électronique sont des frenchies !

Les nouvelles icônes du XXIè siècle
Honte à celui qui traitera de molassons ces jeunes gens scotchés à leur écran. Ici on les décrit comme de véritables sportifs de haut niveau, et le jeux vidéo devient un "sport électronique" à part entière. Les joueurs ont d'ailleurs un rythme de vie aligné : ils mangent bien, se couchent tôt, pendant que des coachs préparent des tactiques de jeu.
Mathieu Dallon, un des fondateurs de la Coupe : "J'avais envie de créer un événement qui montre que les champions ont des facultés spécifiques et hors normes. Même si l'entraînement est important, ils ont un véritable don". Et ça, Mathieu veut qu'un public le plus large possible puisse le voir. "On cherche à réhumaniser la technologie. Aujourd'hui on a tendance à la subir d'une manière étouffante. Alors je crois que les champions électroniques pourraient devenir les nouvelles icônes du XXI è siècle. Parce que ce champ du virtuel et cette technologie dont ils repoussent sans cesse les limites leur permet de se dépasser. Elle fait presque passer le scénario du jeu au second plan, car la star c'est l'émotion".

A quand une finale de Counter Strike qui déclencherait suffisamment d'émotion pour mettre toute la France dans la rue ?

Crédit Photo : Nicolas Dhervillers

ESWC - Electronic Sports World Cup 2006
Du 30 juin au 2 Juillet 2006

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Julie Pujol - 20 septembre 2007

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