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Malgré une courte carrière, Bruce Lee a marqué profondément les esprits. On retrouve l'esthétique et la chrorégraphie de ses films de Kung Fu dans les dernières productions hollywoodiennes. Son personnage apparaît dans les jeux vidéos, dans la publicité ou les séries télé, signe de son immortalisation.
Les arts martiaux sous les projecteurs de l'Occident
Bruce Lee a engendré la fascination de l'occident pour les arts martiaux, il les a systématisés en leur donnant une valeur cinématographique que le cinéma de King Hu, Chang Cheh, Liu Chia Liang ou Tsui Hark intègre différemment. Chez Bruce Lee la démonstration et la compétition sont constantes, les films sont presque une publicité des arts martiaux, une leçon donnée par le maître. Le récit est à chaque fois un prétexte pour rendre légitime et symbolique la politique de l'acteur, sa prise de pouvoir. C'est lui qui le premier a profité de son cinéma pour y mener des combats contre des champions étrangers : Chuck Norris, Bob Wall, Jim Kelly ou encore Dan Inosanto et Kareem Abdul Jabbar (le basketteur), élèves de son école. Tout en voulant montrer sa supériorité, Bruce Lee introduisait l'occident dans le cinéma traditionnel chinois. Cette volonté, qui lui créa beaucoup d'ennemis à Hong Kong, témoigne d'un esprit autant ouvert qu'hyper compétitif (américain) ayant beaucoup aidé à la démocratisation des arts martiaux et à la distribution du genre en occident.
Le petit dragon, star du jeu vidéo
Le monde entier a imité ses miaulements et son allure féline, la capacité de séduction de Bruce Lee était totale tant la perfection du geste était liée à une beauté virile presque trop arrogante. Le petit dragon avait tout pour devenir un modèle, un genre à lui seul dont la conquête hollywoodienne s'est faite plus à retardement que pendant sa carrière.
Aujourd'hui c'est le cinéma d'action qui le réactualise mais aussi beaucoup le jeu vidéo. Chaque jeu de combat japonais majeur a profité de son image : Super Street Fighter de Capcom, Tekken de Namco ou encore Dead or Alive de Tecmo, qui dans sa dernière version sur X Box 360 va jusqu'à lui rendre un hommage explicite, nostalgique, en montrant une scène cinématique où un héros a grandi sous son influence en découvrant ses films. La boucle est bouclée.
Associé à des salles miteuses ou populaires, le film de kung-fu, souvent confondu par des détraqués avec le karaté, a longtemps croupi dans l'ombre d'un cinéma jugé indigne, peu noble, sans doute pas assez subtil. Cette taxinomie cinéphile et ségrégative est aujourd'hui tombée en ruines. Autrefois défendu par Olivier Assayas et Charles Tesson dans les Cahiers du cinéma, le genre est aujourd'hui - comme toute forme de marginalité -, célébré et (re)-découvert. Dans notre tentative post moderne désespérée et cinéphile d'accorder une nouvelle valeur à des objets autrefois considérés comme nuls, le cinéma de Bruce Lee tiendra toujours une place à part. Ils n'auront jamais été les films d'un auteur mais d'un acteur auteur de sa vie et du cinéma, ils auront plus que tout autre laissés une empreinte indélébile, l'image d'un corps parfait, invincible, immortel et au succès immédiat.

[Illustrations : 1. couverture de magazine | 2. Bruce Lee : Quest Of The Dragon DR.Universal Interactive | 3. Tigre et dragon, DR. Warner Bros ]