| . | Entretien avec Albert Serra |
| . | Entretien avec Rachida Brakni |
| . | Entretien avec George Clooney |
| . | Entretien avec John Hurt |
| . | Entretien avec Alex de la Iglesia |
| . | Toutes les interviews ciné |
| . | La Mouche |
| . | Les Sept jours |
| . | Sonic Mirror |
| . | Valse avec Bachir |
| . | Diary Of The Dead - Chronique des Morts-Vivants |
| . | Toutes les critiques ciné |
| . | Les films de l'été |
| . | Palmarès Cannes |
| . | Histoire du cinéma mexicain |
| . | Super héros et cinéma |
| . | Cinéma et Rock'n'roll |
| . | Tous les dossiers ciné |
Du 22 au 24 juin à la Maison de la Culture du Japon à Paris
La Maison de la Culture du Japon à Paris organise d'aujourd'hui à samedi une mini rétrospective consacrée au cinéma expérimental japonais, des années 60 à nos jours. Un territoire cinématographique rare, où une large place est laissée à la création contemporaine. L'occasion d'élargir encore un peu l'histoire toujours trop parcellaire d'un cinéma à la richesse plastique et formelle sans égal.
Regroupés par thèmes - matériaux et structures, corps et mouvement, la narration derrière l'espace et la nouvelle génération - ces 4 programmes jouent complètement avec l'idée du lien : des films entre eux, mais aussi des films à leur courant culturel d'origine. Il est ainsi passionnant de découvrir ici les films de Toshio Matsumoto (Pour mon œil droit écrasé, 1968) ou d'Eikoh Hosoe (Le nombril et la Bombe Atomique, 1974), deux bijoux aux styles opposés, mais unis dans leur contestation de la culture dominante. Si le second est ouvertement influencé par la danse moderne, le théâtre de la cruauté mais aussi le surréalisme français des années 20, ses personnages aux jeux absurdes sur une plage écrasée par le soleil ne sont pas sans rappeler une des marques de fabrique de Kitano.
Dans le premier, bien plus crépusculaire, il s'agit de renverser toutes les attentes du spectateur, en filmant les sujets tabous - les manifestations dans les rues, un jeune transsexuel à la maison, le pop art, le milieu rock - et en les projetant en split screen. Un procédé qui sera repris plus tard par Lionel Soukaz dans son magistral IXE. Transmission, échos et effet miroir, qui nous prouvent une fois encore qu'une grande forme artistique s'inscrit toujours dans une histoire.
De leur côté, les jeunes cinéastes semblent nettement moins soucieux de contestation politique, surtout en comparaison avec leurs aînés rageurs des années 70. Ils en effet bien plus marqué par la grande culture japonaise classique et son art de la contemplation. La nature est ainsi très présente, quelle soit un terrain de jeu surréaliste (Sukekoashi de Shinichi Tamano) ou un jardin hanté (Textism de Isamu Hirabayashi). Chez la jeune cinéaste et plasticienne Shiho Kano (Lily in the glass), qui a aussi collaboré à l'organisation de cette rétrospective, les variations de lumière, les jeux de matières créent un langage d'une grande beauté. Art de la contemplation, certes, mais aussi de cette musique purement cinématographique composé par le temps et la lumière changeante. Envoûtement garanti.

[Illustrations : Maison de la culture du Japon - 2006]