Avant-hier Brian de Palma, hier John Woo, aujourd'hui J.J. Abrams... un, deux, trois Mission : Impossible. Le bon chiffre pour faire un bilan de cette franchise à succès. Dix ans déjà que Tom Cruise a commencé sa chasse à travers le monde. Après quoi ? le cinéma, lui-même ou les femmes ? Un peu tout ça à la fois.


- Dans les forums : Mission impossible 3, un échec ?

Mission : Impossible, c'est une question d'allure. D'abord celle que Tom Cruise s'est imposée en 1996 en créant un nouvel écrin pour son image. Sélectionnant scénaristes, réalisateurs et produisant ses propres films, il s'est donné un nouveau style. Plus glamour et complexe, il a cherché à gommer un visage lisse, symbole d'une beauté désuète. Dans cette perspective, chaque film adapté de la série télévisée Mission : Impossible peut apparaître comme un moment charnière ou une transition dans la mutation de la star. L'autre allure tient au choix de cinéastes singuliers qui, à chaque épisode, plient leurs styles, univers et préoccupations aux règles imposées par la franchise Mission : Impossible et par Tom Cruise. Peut-on de fait trouver une cohérence, une continuité entre les changements de cinéastes et les divergences de la série ou entre Tom Cruise et l'évolution de Ethan Hunt, le héros qu'il incarne ? Mais avant toute chose, qu'est-ce que Mission : Impossible apporte au cinéma ?

Du spectacle d'auteurs
Pour le cinéma, Mission : Impossible représente davantage une poche du cinéma d'action et d'espionnage qu'un phénomène. La série aura surtout permis d'enterrer James Bond en le rendant définitivement « has been ». Le high-tech, le glamour, la vitesse, le super espion et les complots internationaux, aujourd'hui c'est Mission : Impossible. Pendant que la mythique série de Ian Fleming s'essoufflait avec à ses commandes des techniciens paumés au milieu d'un cahier des charges déboussolé, Tom Cruise amenait à lui des grands noms de Hollywood en leur demandant de faire ce pour quoi ils étaient connus, quitte à se caricaturer. Sans toutefois rénover complètement les genres, chaque épisode a su être synchrone avec son époque tout en apportant une diversité, du fait de la divergence de regards entre les réalisateurs. On pourrait dire que Tom Cruise a amené ce qui a toujours manqué à James Bond : des cinéastes, des auteurs. Replacé dans la globalité de la série, chaque film émerge ainsi par ce que les deux autres n'ont pas. Chacun trouve sa singularité en développant des thèmes non exploités dans les autres volets.

Jérôme Dittmar



Sur le web :
- Lire la chronique de M : I : 3
La saga Mission : Impossible
Mission impossible 1 : un héros est né
Mission impossible 2 : aventures érotiques
Mission impossible 3 : le repos du guerrier
- Tags Cinéma : mission impossible, Hollywood

Sur le web :
Tom Cruise sur Ados.fr

|   Mission Impossible 3 >>>