Une fois n'est pas coutume. C'est une petite forme qui ouvre la grande parade d'Olivier Py. Son épître aux jeunes acteurs veut rétablir la place quasi-sacrée de la parole, avec un humour jubilatoire.


- Lire aussi la chronique de La jeune fille, le diable et le Moulin sur le blog Saisons

Olivier Py fait sa grande parade au Théâtre du Rond Point. L'auteur, acteur, metteur en scène, poète, lyrique, épique, prolifique y livre, en cinq spectacles comme autant d'actes théâtraux, l'étendue de son talent. A l'affiche, deux spectacles jeune public, sa réjouissante épopée Les vainqueurs - plus de neuf heures d'un intense marathon qui a empli de joie le Gymnase René Char lors du dernier festival d'Avignon -, la création Les Illusions comiques et l'Epître aux jeunes acteurs, qui a ouvert la programmation du théâtre parisien.
Une fois n'est pas coutume, cette œuvre est singulièrement courte (1 heure 10 seulement), le plateau est petit, mais tout Py, ou presque, est contenu dans cet objet dense. Sur la scène, des panneaux dorés, dans lesquels l'image se reflète, vaguement. Une loge pour comédien, un escalier. Il (John Arnold, magistral) fait son entrée, costume cintré, petite valise à la main, tel un représentant de commerce. En deux temps trois mouvements, sous nos yeux, il prendra l'allure d'une tragédienne poussiéreuse. Longue robe blanche à bretelles, chevelure platine, couronne de fleurs vissée sur la tête, teint blanc, yeux et lèvres outrageusement maquillés. Une main sur le cœur, l'autre levée (prononcez « levé-e » !), elle déclame. A l'attention des jeunes acteurs... et de tous les autres.

Autodérision et humour extravagant
« L'appel impatient de la gloire pousse chaque année des milliers de jeunes gens sur le chemin difficile de l'art théâtral. Savent-ils ce qu'ils font, savent-ils ce qu'ils risquent ? », interroge l'auteur. Devant ce constat, et à la demande du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, il donne naissance à cette épître. Plutôt qu'une pompeuse conférence, un acte résolument militant, comme souvent son théâtre, qui ne s'interdit ni l'humour extravagant, ni l'autodérision.

Ce grand poème réunit donc nombre de thèmes de prédilection de l'artiste : le rôle capital de la parole, qu'il regrette de voir aujourd'hui galvaudée, le sens immanent à l'art théâtral, la foi, l'ode à la joie. Tout en jouant, la tragédienne croise la route d'un rabat-joie, d'un responsable culturel, d'un ministre de la communication, d'un policier du désir. Comme autant d'obstacles à l'avènement de cette parole, balayés d'un revers de la main.

« L'acteur entre en scène. Quoi de plus banal ? Quoi de plus miraculeux ? » Pas grand chose, en vérité. Et il y a quelque chose de drôle à voir la pièce prendre ses quartiers dans la salle baptisée du nom de Roland Topor. Décalage et décapage, c'est ce que Py et Topor ont en commun.

Olivier PY
Epître aux jeunes acteurs

Théâtre du Rond Point jusqu'au 28 mai au théâtre du rond point

Nedjma Van Egmond



Sur le Blog Théâtre :
Théâtre, Rond Point, Olivier Py
- Lire aussi la chronique de La jeune fille, le diable et le Moulin sur le blog Saisons

Sur le web :
le site du théâtre du rond point



• Les news de Saisons, le blog scènes
Petits contes pour oreilles tendres de la Cie Corossol Petits contes pour oreilles tendres de la Cie Corossol
Le loup est à l'honneur ces temps-ci. Si si. Il y a peu, nous...
A mon âge, je me cache encore pour fumer A mon âge, je me cache encore pour fumer
Au hammam, à Alger, il y a le jour des hommes et celui des...
La ronde des spectacles de Noël La ronde des spectacles de Noël
Histoire de se préparer à une indigestion de dinde, ou de...
Catherine Hiegel : par ici la sortie Catherine Hiegel : par ici la sortie
Ça chauffe à la Comédie-Française! Catherine Hiegel, la doyenne...
Le retour d' Allah n'est pas obligé Le retour d' Allah n'est pas obligé
Cette « farce carnassière » signée Ahmadou Kourouma est un récit...

• Sur le forum Théâtre Danse

Le père Noël est une ordure à l'Absurde S...Votre BOOK PHOTO, 90 euros tout compris : ...Salutmarionnettes à Paris

• Diaporamas



theatre-danse.fluctuat.net
Sortir
Philoctète à l'Odéon Un chef d'œuvre méconnu et un grand acteur, Laurent Terzieff : Philoctète, une pièce à ne pas manquer.
Hommage à Diaghilev Tapis rouge à l’un des ballets les plus prestigieux de Russie et à l’un de ceux qui en a écrit les plus belles pages de son histoire : Serge Diaghilev.