Le très attendu deuxième album du duo de Boston enchantera les amateurs de ce "groupe à formule" en activité depuis 6 ans. Yes, Virginia reprend, en effet, les choses à l'endroit même où on les avait laissées, sans apporter de changement à son style original et originel : un duo piano/batterie, sans guitare ni effets spéciaux, en soutien d'une belle et puissante voix féminine.
Sensés proposer, selon leur propre définition, du "cabaret punk brechtien" inspiré par Kurt Weill, Nick Cave et Sonic Youth, les Dresden Dolls ne sont pas sans évoquer, en effet, un mélange détonnant et carrément séduisant de bonnes influences. Parmi les arômes, ça ressemble à une partition de Beaujolais, les deux membres du groupe, Amanda Palmer et Brian Viglione "sonnent comme"... Anne Clark, pour le phrasé et la scansion outrée, Siouxsie, pour l'imagerie gothique et la voix de Banshee, Cat Power pour les textes durs, intimistes et féminins, Ute Lemper, pour l'ambiance cabaret et fume-cigarette, et Dolores O'Riordan, chanteuse des Cranberries, pour la voix qui finit par taper sur le système. Du coup, la musique ne ressemble à rien de tout ça mais vaut qu'on déplace ses deux oreilles.Yes, Virginia est fait de fables alcoolisées ("My alcoholic friends", "Me & The mini bar"), de longues chansons élégiaques ("Delilah", "Mrs O."), de punk symphonique comme "Necessary Evil", ou de chansons raconteuses d'histoires comme "Mandy Goes To Med School" ou "Dirty Business", qui sautillent comme du Divine Comedy.
Produit par Sean Slade et Paul Kolderie (Radiohead, Pixies, on dirait pas), le son des Dresden Dolls est net et métallique. La batterie de Brian est plus discrète que sur le premier album et s'efface souvent derrière le pianomoteur d'Amanda. Bizarrement, c'est ce dernier qui donne le rythme et la pulsation. L'assemblage marche généralement assez bien, même si les chansons sont parfois un peu longues pour ce qu'elles expriment.
Ce qui menace la formule des Dresden Dolls, c'est évidemment la répétition et l'épuisement d'un genre musical qui, s'il attire encore par sa nouveauté, est susceptible d'agacer au fil des plages et des années. La prééminence de la voix d'Amanda, qu'on aime encore à ce stade et avec laquelle on passerait volontiers la nuit (au casque), pourrait assez vite se retourner contre elle. Sur certains titres, comme "Modern Moonlight", le syndrome "Mystère des Voix Bulgares" n'est pas loin. A trop jouer avec son organe, la jeune fille risque de se rendre peu aimable.
Heureusement, et c'est LE point sur lequel il faut insister, les textes d'Amanda mettent les Dresden Dolls devant tous les autres groupes à chanteuse. Les paroles sont drôles, dramatiques, croustillantes et teintées d'érotisme.
Le titre "Dirty Business" est excellent. Amanda écrit : "C'est le genre de fille qui laisse des capotes sur la commode de la chambre, pour que tu sois jaloux de l'homme qu'elle baisait avant que tu la rencontres." On en connaît.
Elle écrit sur "First Orgasm", l'un des moments forts du disque "pour nous les hommes", "Le premier orgasme du matin est comme un rêve de feu , un amant ne ferait que compliquer mes plans." Oups.
Ou encore sur son "Boys don't Cry" à elle, l'énergique single "Shores of California", "Les filles pleurent. Les garçons se masturbent. C'est comme ça dans le Minnesota, à Oklahoma, sur les rivages de Californie."
C'est féministe et c'est beau. Le minois d'Amanda, sur ce registre, n'est pas totalement étranger au succès du duo. Le disque invite au voyage.

Ca se passe comme ça dans l'univers des Dresden Dolls, un cabaret du samedi soir, abandonné par Shirley et Dino, dans lequel des vampires, des junkies, des mannequins et des truands, viendraient écouter une jeune fille chanter des histoires déglinguées. Je ne sais toujours pas ce que c'est que le Brechtian punk, mais désormais j'aime ça.
Yes, Virginia
The Dresden Dolls
Roadrunner
Sortie le 10 avril
Sur Flu : - le fil info Dresden Dolls sur Playlist, le blog musique de Flu - sur les forums de Flu, l'on recherche des artistes/performers capables des créer des oeuvres interactives pour les concerts français des Dresden Dolls
Sur le Web : - Dresden Dolls sur Ados.fr - le site très arty des Dresden Dolls - la page des Dresden Dolls sur le site du label Roadrunner
A voir également :
![]() Placebo |
![]() Depeche Mode |
![]() The White Stripes |
![]() Tori Amos |
![]() David Bowie |
![]() Jacques Brel |
![]() Dead Can Dance |
![]() Nine Inch Nails |
![]() The Cure |
![]() Black Sabbath |
![]() Kurt Weill |
![]() The Gathering |
ROCK || HIP HOP || REGGAE || ...
Claude Debussy / John Lee Hooker / Karlheinz Stockhausen / Tori Amos / Beenie Man / Miss Sin /
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métier / genres / labels

|
|
|
| + | Des albums des Cool Kids à gagner |
| + | Fleet Foxes, des ep à gagner |
| + | Gagnez des romans de la collection eXprim' |
Zoom sur
Busta Rhymes / Alain Bashung / Radiohead / Coldplay / Jamie Lidell / Amy Winehouse / Portishead / Prince / Nerd / Etienne Daho / Lou Reed / The Roots
L'abécédaire des titres
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Tous les titres, les paroles, albums et titres par années
- Création d'un groupe R&B
- Qu'ecoutez-vous à l'instant ?
- Quel groupe metal préférez vous?
- Recherche clip en vain...
- tit stress