De Adbusters à Naomi Klein : short-list des escroqueries contre-culturelles selon Andrew Potter (Révolte consommée). Après ça, Michael Moore et Naomi Klein n'auront plus qu'à demander illico un droit de réponse dans les forums...

Adbusters (1/2) :
- Le buy nothing day (oublier sa visa pendant 24 heures) fut le gros buzz contestataire des Canadiens; Problème : si vous ne les dépensez pas,: vos revenus sont simplement utilisés par quelqu'un d'autre (par exemple votre banque).
Solution : Selon Heath et Potter, réduire la demande, c'est-à-dire diminuer vos revenus. Mouais...

Adbusters (2/2) :
- en 2003, les casseurs de pub canadiens lancent une paire de chaussures qui pensent : le black spot sneaker. But de ce marketing révolutionnaire : piquer à Nike son image de marque cool. American Apparel et Mother Jones se lancent dans le même délire.
Problème : Puma aussi essaie d'être cool à la place de la marque au swoosh, Vans et Airwalk sont passés par là également : ça s'appelle la concurrence et c'est pas révolutionnaire pour deux sous.
Solution : Arrêter de croire que porter des chaussures est un acte politique.

Matrix
- La matrice est un système dont les habitants ignorent la perversion. Morpheus : "ce qu'il faut que tu comprennes, c'est que la plupart de ces gens ne sont pas prêts à être débranchés. Bon nombre d'entre eux sont si inconscients et tellement dépendants du système qu'ils se battraient pour les protéger. ». Seuls les habitants de Zion, dont certains ont lu Baudrillard veulent se libérer.
Problème : Comment fait-on pour changer un système qui relève de l'illusion ? Et quel intérêt d'obtenir quoi que ce soit si tout est bidon ?
Solution : regarder Star Trek où des ringards en pyjamas brillants se prennent la tête sur les valeurs communautaires et sociales. Et arrivent à être des individus sans se la jouer rebelles.

American Beauty
- Lester se fait chier avec sa femme coincée qui refuse de se faire trousser sur un canapé à 4000 dollars et son job de télémarketing. il se masturbe dix fois par jour. Quand il rencontre Ricky - dont le père est un nazi doublé d'un homo refoulé - il fume de l'herbe et se laisse aller à une libératrice régression juvénile. Soit l'idéologie contre-culturelle pousée au paroxysme de son hédonisme. A la fin, Lester est tué parce qu'il est trop dangereux pour ce système pourri !
Problème : le film explique qu'il faut libérer son désir et ne plus se prendre la tête avec les histoires d'argent, d'ailleurs les autres sont tous des moutons qui baisent jamais. Sauf que Lester, il veut bosser au Mc Do et se taper une adolescente. Révolutionnaire, non ? Non.
Solution : Arrêter de croire aux délires régressifs et gueuler après son patron pour être augmenté.

Bowling for Columbine
- Le gros Michael Moore attaque le lobby des armes. Pour lui, le problème c'est la culture de la peur engendrée par le système, parce qu'elle favorise la consommation compulsive. La preuve : au Canada y a autant de flingues et moins de morts.
Problème : c'est faux. Potter : « au Canada, les règles sont plus strictes, vous ne pouvez pas avoir d'armes automatiques, les contrôles sont fréquents et les armes s'utilisent surtout sur des terrains réservés. Les gens ont moins peur parce que la loi le leur permet.»
Solution : forcer le congrès à réguler le commerce des armes aux USA plutôt que d'aller faire chier Charlton Heston dans sa villa.

No logo
- L'écrivain Naomi Klein dénonce l'emprise des marques sur nos consciences et le contrôle des Etats par les multinationales. No logo devient une bible de l'anti-consommation. Klein décrit notamment l'embourgeoisement de King Spadina (le Soho de Toronto) où elle habite elle atribue ce phénomène à l'arrivée des yuppies et d'une « pénible conscience de soi », les commerces de luxe, l'uniformisation d'un quartier anciennement ouvrier.
Problème : King Spadina est hors de prix et les yuppies veulent juste habiter des quartiers cools comme Naomi Klein qui se laisse aller à la nostalgie anarcho-ouvrière dans son loft à 600 000 dollars.
Solution : arrêter de focaliser sur Starbuck et Body Shop et suivre les débats de la Chaîne parlementaire.

Révolte consommée
- Le livre de Heath et Potter prône le conformisme et l'engagement politique concret.
Problème : "osez être conformiste", ça ressemble encore à un slogan publicitaire. Et pis, ce serait pas le top de la contre-culture de conchier la contre-culture...
Solution : en discuter sur les forums de Flu

Sommaire le Mythe de la contre-culture :
- Edito Révolte consommée : le mythe de la contre-culture
- Entretien avec Andrew Potter
- Chronique de Révolte consommée
- Shortlist : sept escroqueries de la contre-culture
- un débat : Faut-il être conformiste ?

Daniel de Almeida



|   Contestation united >>>