Qui mieux que Jésus peut satisfaire la quête perpétuelle d'héroïsme du cinéma contemporain ? Tour d'horizon des évocations de Jésus au cinéma. Car, Da Vinci Code, le film, n'est pas la première référence aux exploits de la superstar...


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Avec un slogan en béton ("aimez-vous les uns les autres"), une popularité à faire pâlir d'envie le Che et une biographie plus "trash" que celle de Kurt Cobain, Jésus est sans conteste LA valeur sûre du moment. Dans une société en mal de messianisme depuis les disparitions de John Lennon et de José Bové (c'est vrai ça, où est passé José ?), le fils de Dieu est toujours au top. Après 2000 ans et des bananes de textes apocryphes, romanciers et scénaristes n'en finissent plus d'alimenter la controverse : a-t-il couché avec Marie-Madeleine? Etait-il le fils caché de Bien quePonce Pilate ? Retour rapide et subjectif sur le carrière cinématographique du personnage.

De Cecil B. de Mille à Pasolini: la fidélité au texte
Tout commence avec Le Roi des Rois, de Cecil B. de Mille (1927), version « somme toute assez sulpicienne ».L'évangile selon Saint Matthieu de Pasolini (1965) est tout aussi fidèle au Nouveau Testament, mais suscita des réactions contrastées. Sur fond de chant des partisans, le poète italien offre une vision austère et quasi documentaire des évangiles. Il fait un portrait sensible du Christ, profondément humain, sublimé par la beauté plastique de l'image et la seconde Passion de Bach. Taxé de communisme bigot, sa version n'en demeure pas moins l'une des plus intéressantes du genre (à défaut d'être la plus passionnante).

Des Monty Python à Martin Scorsese : Jésus devient Superstar
Dans un registre nettement plus "fun", on retiendra la poilante démystification des Monty Python, dans la Vie de Brian, et la comédie musicale Jésus superstar (1973). Dans les années 1980, la Dernière Tentation du Christ créa la surprise. Bien que la rédemption et la tentation soient omniprésentes dans l'œuvre du cinéaste, Harvey Keitel en Judas tout droit sorti de Mean Streets, ça passe plus ou moins. Willem Defoe s'en sort lui pas trop mal, incarnant à la perfection l'ambivalence du personnage, rongé par le doute et la peur. Le scénario est assez rocambolesque. Scorsese n'a d'ailleurs jamais prétendu être fidèle aux Textes, le film étant basé sur l'œuvre romanesque de Nikos Kazantzakis. L'oeuvre n'a pas pour autant échappé au scandale : pour la petite histoire, une salle de cinéma à Paris fut victime d'un groupe de fanatiques incendiaires.

De Mel Gibson au Da Vinci Code : Jésus revient
Mel Gibson déclenchera lui aussi la polémique. La Passion du Christ est un très mauvais film bien sûr, mais pas seulement. La violence inouïe des images, le manichéisme et l'antisémitisme latent en disent long sur le climat idéologique d'Hollywood et de ses liens avec la scientologie.

Après deux millénaires le Nouveau Testament reste sujet à controverses, et ne nous le cachons pas, fait toujours recette. Récemment, le roman Da Vinci Code mettait en émoi le Vatican pour le plus grand plaisir des libraires. Au-delà des croyances, la double nature du Christ, la puissance légendaire de son histoire en font un héros idéal. La fidélité à la bible demeure néanmoins l'un des principaux critères de valeur pour certains. Les cinéastes ont su, et c'est heureux, aller au-delà de la simple illustration, se permettant quelques libertés avec le texte. Et de toute façon, un gars qui marche sur l'eau et qui réapparaît à tout bout de champ post-mortem, ça sent l'arnaque.

Flu'x



Dossier permanent : Peut-on décoder le Da Vinci Code de Dan Brown ?
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