A Paris jusqu'au 6 avril puis à Annecy les 16 et 17 mai
Dans Régi, Boris Charmatz délègue son rôle de chorégraphe à une machine, chargée d'agencer les rencontres entre des corps faibles et passifs.
Préliminaires sado-maso, s'il n'y avait ce halo de douceur et de calme. Car Charmatz explique avoir voulu « créer une chorégraphie pour corps inertes, où la machine serait le seul élément agissant, dans un rapport non-conflictuel avec l'humain. Je me demande surtout si tel ou tel geste est ou non garant de liberté ou d'expression du sujet ».
Entre alors Raimund Hoghe. L'écart entre son corps difforme et sa prestance saisit, comme lors ses relectures du Sacre du printemps ou du Lac des Cygnes. C'est lui qui prend les commandes, vient tâter les corps suspendus, choisit de jouer au docteur avec Charmatz. Julia Cima part se faire essorer sur une seconde machine, un tapis roulant incliné qui lui inflige une chute sans fin.
« Je souhaitais travailler avec Raymund Hogue depuis notre rencontre lors du festival Tanzquartier à Vienne. Le problème était d'imaginer comment agir l'un et l'autre sur nos mouvements. La machine s'est imposée comme une médiation neutre pour orienter le rapprochement des corps ».
Régi expose des situations de pouvoir et de domination, mais celles-ci s'agencent sans violence. Laconique, précis et économe. L'ensemble, comme souvent chez Charmatz, distille une étrange sensualité.

Régi
De Boris Charmatz, association Edna
avec Julia Cima, Raymund Hogue et Boris Charmatz
Au théâtre de la Bastille, du 29 mars au 6 avril
Puis à Bonlieu, Scène Nationale, Annecy, le s 16 et 17 mai
Sur le web :
- Lire l'entretien avec Boris Charmatz dans le cadre des Antipodes au Quartz de Brest
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