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Explicitement inspiré par Blade Runner, Ghost In The Shell, ou encore le très récent Sin City, Renaissance de Christian Volckman se définit davantage comme un « melting-spot » publicitaire que comme le premier long métrage d'un des meilleurs espoirs de l'animation made in France. Reste qu'on ne peut s'empêcher de saliver devant les courbes de son actrice principale : Paris.
On y retrouve en effet le fantasme cher à Orwell et Philip K. Dick, développé sur grand écran de Fritz Lang à Mamoru Oshii. Cette énième resucée du thème laisse à la longue sur sa faim, d'autant plus qu'elle cumule tous les stéréotypes du genre : la guéguerre entre le flic faussement ténébreux et le PDG corrompu façon Blade Runner, les prophéties apocalyptiques d'un savant fou qui n'est pas sans rappeler le Docteur Caligari de Wiene, ou le gosse sacré emprunté d'Akira. Ajoutons à cela quelques pincées de film noir tels la poupée hitchkockienne - si elle avait été blonde - et les dialogues dignes d'un mauvais Raymond Chandler. Résultat : on coupe le son et on se limite à admirer le Paname en monochrome de Volckman.
Paris n'a pas brûlé A l'instar de Sin City, c'est l'esthétique « BD en noir et blanc » qui sauve le film d'une intrigue à électroencéphalogramme plat. Le réalisateur l'a sans doute compris, aussi croque-t-il un max de plans en nous épargnant d'y insérer des « bulles » inutiles. A la place, on s'émerveille devant les esquisses d'une Arche de la Défense à laquelle le toit transparent donne des airs d'Olympe, avant de pénétrer dans les casbah interdites de Barbès pour finir par attendre le métro station Abbesses. Le mode de transport d'ailleurs est l'un des rares éléments conservés de notre présent, au même titre que la Tour Eiffel ou la devanture des immeubles Second Empire. Histoire de ne pas trop désorienter le spectateur, de surcroît s'il est parigot.
Christian Volckman ne démérite pas de son statut de guide dans cette nouvelle Metropolis, offrant un story-board impeccable, à défaut du scénario. Dommage quand on sait que derrière l'écriture, se cache le tandem Alexandre de la Patellière / Matthieu Delaporte, déjà à l'origine de la très plébiscitée série Skyland (les premiers épisodes furent diffusés fin 2005 sur France 2, après vote du public sur un panel de divers fictions jeunesse). Volckman, de son côté, a précédemment brillé dans le court d'animation jusqu'à passer les portes du Kodak Theater où son premier film Maaz fut nommé quatre ans auparavant. Renaissance lui permettra-t-il de poursuivre sa course vers la statuette ? Probablement, même si la fiction aurait connu meilleur usage - dans un passé proche - comme clip promotionnel de la campagne Paris 2012...

Renaissance
Un film de Christian Volckman
France, 1h35
Sortie en salles : 15 mars 2006
Sur le web :
- Le site du film
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