En politique, comme en arts du spectacle, il est d'usage d'entendre les bégueules affirmer : « ce n'est pas la rue qui gouverne ». Et pourtant. Fréquentée par un public étrangement curieux et parfaitement éduqué, portée par des milliers d'artistes et de techniciens, objet d'étude et de programmes d'aide à la diffusion aujourd'hui, la rue est bien le plus fidèle reflet du spectacle vivant. L'été seulement ?
L'été revient et, dans son sillage, les spectacles et manifestations de rue. Grands festivals, fête de la cerise, de la bière ou du champignon accueillent, sans sourciller, ces magiciens du trottoir qui, depuis plus de trente ans, ont renouvelé en France un genre presqu'éteint : l'art du saltimbanque, du cogne-trottoir, de l'avaleur de grenouilles et du briseur de chaînes, aujourd'hui allié aux pratiques théâtrales ou plastiques, voire aux technologies les plus en pointe.
Trente ans après le premier rassemblement de saltimbanques traditionnels et « nouveau genre » à Aix-en-Provence, vingt ans après la création de la première association d'envergure, Lieux publics, et des premiers festivals nationaux, comme Eclat à Aurillac ou Chalon dans la rue, « l'urgence » semblait grande de structurer ce secteur qui, depuis l'origine, s'est débrouillé tout seul pour monter ses propres toits et murs, et a arraché, à coups de sueur et de gueule, les moyens de survivre et de continuer à créer.
Le ministère de la Culture et de la Communication, après s'être penché sur le cirque, tend aujourd'hui sa manne aux arts de la rue, à la manière ministérielle : il consolide ce qui existe déjà et renfloue des situations qui pourraient, sans cela, devenir catastrophiques. - « Temps fort pour la rue ».
La rue, de son côté, poursuit son bonhomme de chemin, dans les festivals, au travers des créations et des parcours d'artistes, en France comme en Europe où les publics, étudiés par Eunetstar, retrouveront, cette année encore, ces arts qui comptent de véritables aficionados.
Tour d'horizon de ce beau phénix, acclamé et toujours renaissant, de la rue, avec un entretien avec Floriane Gaber *, pour faire un état des lieux des publics en Europe, une initiative Temps fort, côté diffusion, une chronique du spectacle Une case provisoire de Branlo et Nigloo et un portrait du chorégraphie Ali Salmi pour la Osmosis Cie, côté créations, et une sélection de ressources indispensables sur le web.
- MAJ : A suivre tout l'été sur le Blog Saisons : l'actu des arts de la rue en France et en Europe.
* Rédactrice Scènes de Fluctuat depuis 2003, passionnée des spectacles de rue qu'elle arpente et défend depuis plusieurs années partout en Europe, Floriane Gaber a été chargée par le réseau de festivals Eunetstar d'une enquête européenne sur les publics en 2004. Bref, qui mieux qu'elle pouvait en parler ? Entretien.
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