À l'égard du butô, Carlotta Ikeda se place dans une position particulière. Sur le plan historique, elle s'inscrit incontestablement dans cette tradition : elle rejoint le groupe « Dairakuda-kan » en 1974, puis fonde la compagnie Ariadone avec Kô Murobushi. La spécificité d'Ariadone est d'être exclusivement composée d'interprètes féminines : Ikeda explique ce choix, par la perte de liberté que génère, selon elle, le rapport scénique au corps masculin.

Son travail chorégraphique actuel procède toujours des principes butô : Ikeda revendique une origine immanente à sa danse et une prédominance de l'intériorité, comme l'expérience du vieillissement du corps. Son langage chorégraphique conserve bon nombre des postures « classiques » du butô de Hijikata : une position tellurique avec un centre de gravité placé très bas chez le danseur, la négation de certaines articulations, la raideur des membres ou les prostrations. Le titre même de son dernier spectacle, Corps de Craie fait référence à l'élément le plus sans doute le plus communément caractéristique du butô : le corps blanchi des danseurs, dont les adeptes les plus systématiques appartiennent à la compagnie mondialement connue Sankaï Juku.

Carlotta Ikeda ne renie pas ces héritages : elle a participé à leur fondation. Elle assume aussi le sens de « danse des ténèbre » du mot « butô », mais ce label n'a plus guère de sens pour elle. Son travail explore depuis longtemps d'autres voies, dans lesquelles humour et dérision sont omniprésents. Dans Togué, son précédent spectacle crée en 2003 pour le festival de Marseille, elle a même dérogé au principe d'exclusivité féminine de sa compagnie Ariadone, en invitant sur scène les musiciens du groupe Spina. Le croisement avec d'autres champs artistiques est devenu prépondérant : Stéphane Vérité, metteur en scène associé à Carlota Ikeda depuis plusieurs années, parle pour Corps de Craie d'une « contamination de discipline en discipline » : le projet est né d'une rencontre avec le travail de la plasticienne Claudine Drai.

Enfin, chose fort rare pour une telle figure emblématique de la danse, Carlotta Ikeda s'efface aujourd'hui de plus au profit de ses collaborateurs actuels. Ainsi, c'est aujourd'hui à Anna Ventura, la danseuse de Corps de Craie, que cet héritage chorégraphique est en train de se transmettre.

Youlei no kotoba - Corps de craie
Carlotta Ikeda
Maison Folie de Wazemmes, 70 rue des Sarrazins
A Lille les 10 et 11 juin 2005

Julien Carrel




Danse à Lille
- Le site de la Cie palimpeste de Stéphane Vérité
- Le site de la La Ventura & Cie d'Anna Ventura


• Les news de Saisons, le blog scènes
A mon âge, je me cache encore pour fumer A mon âge, je me cache encore pour fumer
Au hammam, à Alger, il y a le jour des hommes et celui des...
La ronde des spectacles de Noël La ronde des spectacles de Noël
Histoire de se préparer à une indigestion de dinde, ou de...
Catherine Hiegel : par ici la sortie Catherine Hiegel : par ici la sortie
Ça chauffe à la Comédie-Française! Catherine Hiegel, la doyenne...
Le retour d' Allah n'est pas obligé Le retour d' Allah n'est pas obligé
Cette « farce carnassière » signée Ahmadou Kourouma est un récit...
Tour Babel au pied des immeubles Tour Babel au pied des immeubles
L'Atelier du Plateau et la Fabrique des Petites Utopies...

• Sur le forum Arts

Le père Noël est une ordure à l'Absurde S...Votre BOOK PHOTO, 90 euros tout compris : ...Salutmarionnettes à Paris

• Diaporamas



theatre-danse.fluctuat.net
Sortir
Philoctète à l'Odéon Un chef d'œuvre méconnu et un grand acteur, Laurent Terzieff : Philoctète, une pièce à ne pas manquer.
Hommage à Diaghilev Tapis rouge à l’un des ballets les plus prestigieux de Russie et à l’un de ceux qui en a écrit les plus belles pages de son histoire : Serge Diaghilev.