| . | Obama : Spike Lee croise les doigts |
| . | Rabah Ameur-Zaimeche |
| . | Entretien avec Patrick Huard |
| . | Entretien avec Rémi Bezançon |
| . | Entretien avec Albert Serra |
| . | Toutes les interviews ciné |
| . | James Bond |
| . | Festival Ciné Nordica |
| . | Festival Shadows |
| . | Le 11 septembre au cinéma |
| . | Les films de l'été |
| . | Tous les dossiers Cinéma |



A grandes attentes, grandes déceptions. Les noms sur l'affiche avaient tout pour plaire : Christopher Nolan (Memento, Insomnia) au scénar et à la caméra, quelques acteurs britanniques, un retour à la noirceur des origines de Batman… A l'arrivée, on a un réalisateur qui ne maîtrise pas le ton de son film, des acteurs qui se caricaturent et des scènes d'action ennuyeuses.
Le titre l'annonce : l'homme chauve-souris (re)naît. Nous sommes ainsi invités à un voyage aux origines. Avant il n'y avait que Bruce Wayne, riche orphelin perturbé par l'assassinat de ses parents dont il fut le témoin; enfant en quête de repères qui, devenu jeune adulte, se lance dans le monde pour vivre l'expérience du crime et y découvrir la nature du mal. Après, il y aura Bruce Wayne, milliardaire insouciant et dépensier qui, l'obscurité venue, revêt le costume du chevalier de la nuit. Entre les deux, la naissance de Batman. Pour nous faire vivre cette aventure intérieure qui, dans l'esprit, a tout pour plaire, Nolan a réuni une ribambelle de têtes d'affiches (on ne vous dira pas qui joue le méchant ; à vous de trouver) et, ménageant la chèvre et le choux, essaie de jouer sur tous les tableaux. Il tente de contrebalancer la dimension mythique du récit par un réalisme qui paraît ici bien peu à sa place. Son but ? Rendre Batman humain, plus humain, trop humain. Le résultat ? Des incongruités qui desservent la majorité du film.
Après un long début construit sur le modèle de nombreux films chinois (Wayne, perdu dans les montagnes de l'Himalaya, rencontre un maître qui va l'initier aux arts martiaux et à la stratégie de l'invisibilité), on assiste au retour de Bruce à Gotham City où tout le monde le croyait mort. A ce moment là, le schéma est celui d'une œuvre qui tend au mythique. L'accent est mis sur les errances de l'esprit et les doutes moraux, thèmes péniblement développés dans des dialogues redondants - c'est un euphémisme. Sur l'air de « tu dois comprendre ta peur pour la maîtriser afin de devenir cette peur qui fera peur à ceux qui ont peur », le film égrène une psychanalyse bas de plafond teintée d'un vague mysticisme. Appuyée par le symbolisme des masques (et hop, on en profite pour citer Jung et ses archétypes et montrer qu'on est intelligent), cette psychologie de bazar se voudrait ambiguë. Elle cherche à faire correspondre la folie latente de Batman avec celle qui envahit les protagonistes et la ville basse des miséreux. Peine perdue. La sauce ne prend pas car Nolan ne maîtrise pas la tonalité de sa palette. D'un côté le symbolique, de l'autre le réalisme, et entre les deux, on trouve un réalisateur tiraillé.
Le réalisme auquel il a tant tenu ne convainc pas. On sent bien l'intention, la volonté de rendre le personnage crédible ou du moins presque vraisemblable. Mais cette démarche est en soi absurde et d'emblée vouée à l'échec. Batman n'évolue pas dans notre univers. Il est dans un ailleurs qui fonctionne en apparence comme le nôtre mais avec des simplifications. Quand Spiderman - par exemple - parcourt New York, Batman lui part en chasse dans Gotham City. Et Gotham n'est pas New York, elle n'en est qu'une image déformée, à la fois grossie et théorique. C'est pourquoi les allusions implicites à la Grande pomme, voulues par Nolan - co-scénariste du film -, tombent à plat. De même, la justification quasi maniaque des « gadgets » du super héros ne fonctionne jamais. Elle culmine dans une scène grotesque où Morgan « Q » Freeman délivre à Christian « Bond » Bale ses joujoux de haute technologie. En fait, cette explicitation constante retire du mystère là où il fallait suggérer de la magie.
Aussi, au-delà de ses visions sociales douteuses (la ville basse devient folle, mais le fait est négligeable et vite éludé puisque ses habitants sont et pauvres et sales et délinquants), ce Batman Begins ne parvient pas à charmer ou fasciner. Le ton est bancal. Même ses scènes d'action bruyantes ou confuses - corps-à-corps illisibles, d'autant plus brouillons que le film se réfère clairement au cinéma asiatique, décidément inégalable en la matière - ne marqueront pas les mémoires. Ou du moins on peut le parier.
Batman Begins
Un film de Christopher Nolan
Etats-Unis, 2005
Durée : 2h19
D'après la bande dessinée de Bob Kane
Avec : Christian Bale, Katie Holmes, Liam Neeson, Michael Caine, Gary Oldman, Morgan Freeman, Ken Watanabe, Cillian Murphy, Tom Wilkinson…
Sortie salles France : 15 juin 2005
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
- Histoire du cinéma anglais
- Histoire du cinéma de vampires
- Histoire du cinéma japonais
- Histoire du cinéma italien
- Histoire du cinéma mexicain
- Histoire du cinéma coréen