Cuba, 1998, 106 min.
« La vie, c'est ce qui se passe pendant qu'on s'occupe d'un tas d'autres choses » (John Lennon). La citation, en exergue du film, lui donne sa teneur.
Le film, construit en montage parallèle, trouve sa résolution dans son développement. Les surréalistes interventions de la narratrice démiurge, Bebé, orchestrent et lient les séquences de ce puzzle de la fatalité. Elle raconte son histoire du haut de la ville, sur une promenade ou encore dans le monde sourd de l'océan. Verticalité de la narration qui surgit de son imagination prolixe constituant un contre-pied au mutisme de son enfance. Film sur la création, les scènes oniriques, parfois sophistiquées, font clairement référence à Magritte.
Fernando Perez truffe son œuvre d'amusantes scènes métaphoriques comme le syndrome des évanouissements d'un bon nombre de gens qui ne peuvent supporter la prononciation de mots tabous, "liberté" entre autres. On peut toutefois être agacé par un excès de romantisme, la rencontre amoureuse et sa quête, palliant au manque affectif de ces personnages errants. Cette résolution sentimentale livre une interprétation assez réductrice de la citation de Lennon.
Stéphane Lepreux
La vie c'est siffler
De Fernando Perez
Avec Coralia Veloz, Luis Alberto Garcia, Isabel Santos
Cuba, 1998, 1h46.
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