Après son long métrage l’Impitoyable lune de miel, sortit il y a un peu plus d’un an sur les écrans français, Bill Plympton nous revient ce mercredi avec Mondo Plympton, une sélection de ses meilleurs courts métrages.

A l’origine caricaturiste et illustrateur né en 1946 dans l’Oregon, Bill Plympton travaille pour les plus grands journaux américains. Du New York Times à Vogue, en passant par Glamour et Rolling Stones, Plympton collabore avec plus de vingt journaux en 1981. Il réalise son premier court métrage d’animation en 1983 (Boomtown), et est nominé aux Oscars en 1988 pour Your Face.

Son nom ne vous dit peut-être rien mais vous avez certainement déjà vu un de ses croquis, voir même un de ses courts métrages diffusés assez régulièrement sur Canal + et certaines chaînes câblées. La sortie de Mondo Plympton est en tout cas une excellente occasion de réparer un éventuel oubli, car le travail de ce dessinateur excentrique est en tout point remarquable.

Digne héritier de Tex Avery, ce spécialiste de la " torture cartoonesque " est un véritable électron libre dans le monde de l’animation. Réalisateur trash et politiquement incorrect, il est fasciné par la distorsion des corps et voue une véritable passion au mauvais goût et à l’humour noir. Les courts métrages de Bill Plympton, même s’ils se ressemblent tous un peu, ont le mérite de développer et de renouveler l’art de l’animation. Avec Your Face par exemple, Plympton contorsionne, découpe et décompose en une chorégraphie hallucinante un visage de crooner chantant les beautés de sa dulcinée. Le dessin se fait alors matière, l’écran de cinéma prend du volume et Plympton s’amuse avec le hors champ. Magnifique travail d’animation, ce film est un bel exemple de ce qui compose l’univers surréel de Plympton. Un univers que l’on retrouve également dans Nosehair (1994), où un homme se bat à mort contre… son poil de nez. Ces deux courts métrages font partis de Mondo Plympton, mais ils ne sont qu’un maigre exemple de la richesse de cette création. 

Poète impertinent, Bill Plympton pose à travers ses dessins pastels son regard décalé sur la société américaine. La famille, le couple, la télévision, la politique sont autant de sujets abordés et détournés dans les onze courts métrages ici présentés. Il devient alors facile d’imaginer quel pourrait être un de ses prochain projet. La farce grotesque des élections américaines ne constituerait pour cet artiste hors norme qu’une mise en Bush des plus Gore.

Mondo Plympton
De Bill Plympton
Etats Unis, 1997, 60 min.

Jonathan Lecarpentier




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