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Japon, 1997, 90 min.
Dans Le Labyrinthe des rêves, l'image est brisée - dès le début - pour ensuite retomber dans un traitement plus classique mais plus grave. Chez Sogo Ishii, le pessimisme est infiltré dans l'histoire car la réalité sociale et humaine dans laquelle évoluent ses personnages est souvent source de malheur.
Raconté de cette manière, on pouvait craindre le pire, c'est à-dire une suite d'histoires sur les malaises de ces jeunes-sans-terre, désireux de se frayer un chemin dans un abysse de romantisme à l'eau-de-rose et de fantastique primaire. Mais lorsque nous avons en face de nous un cinéaste franc-tireur, nous pouvons nous attendre à une vision toute personnelle des sentiments humains. En quoi réside cet arrangement tant glorifié dans le cinéma asiatique ?
Tout simplement dans les rapports amoureux de ses personnages. L'intrusion d'une femme produit un sacré remous. Fragile, et surtout décalée par rapport au contenu social de l'histoire, la belle chanteuse vietnamienne est le pivot de cette sérénade à trois. Elle magnifie les bonheurs exigeants de cet ange déchu et surtout accentue l'atmosphère par des faits et gestes insignes, décalés. Ces points de détails sont le fruit d'une persévérance, d'une nécessité d'exister, d'affirmer sa place - même légère - dans une société ou pouvoir rime avec incompréhension. Et cela, Sogo Ishii le met en propos de façon détonante. Ce classicisme peut certes irriter mais il permet une dimension religieuse salvatrice.
Le Labyrinthe des rêves ressemble à une formule géométrique. Nous avons les nombres : l'amie décédée, la jeune fille et son amant. Et lorsque nous additionnons ces trois chiffres, la somme - les actes de ces personnages - constitue un cercle – le destin - vicieux. Il est vrai que cela peut paraître confus. Le scénario du film a été façonné de sorte qu'il y ait une rotation dans l'histoire. Cette construction herméneutique, exclusivement signifiée par l’image, débouche sur une mysticité certaine mais déroule plus sûrement la plénitude du thème de la médiocrité humaine. Aimer et se sentir aimé pour ne devenir finalement qu'un vulgaire gibier traqué, travailler toute sa vie pour faire valoir sa présence dans ce monde. Toutes ces désillusions ne sont que les résultats de la bassesse humaine. C'est amplement mérité ? Dommage que ce soit les plus démunis (moralement et financièrement) qui en souffrent.
Le Labyrinthe des rêves
De Sogo Ishii
Avec Rena Komine, Tadanobu Asano, Kotomi Kyono, Kirina Mano, Tomoka Kurotani
Japon, 1997, 1h30.
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