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Voilà les fêtes de Noël qui approchent et avec elles, tout un cortège de films guimauves. Heureusement, une bonne partie de ces œuvres pathétiques seront filtrées par les distributeurs pour finir directement dans les vidéos clubs.
Il n'y aurait pas vraiment de mal à ça (à chacun sa fête !) si tous ces films ne venaient pas obscurcir le paysage cinématographique et empêcher ainsi d'autres, plus méritants, de se montrer à nous.
Le Géant de Fer fait partie de ces petites perles. Ni puéril, ni trop adulte, ce petit bijou d'animation devrait (dans l'espoir qu'il ne passe pas inaperçu) parvenir au miracle de réunir dans un même regard admiratif petit rêveurs et grands exigeants. Par sa simplicité tout d'abord car le réalisateur Brad Bird, nous convie finalement à une histoire tout ce qu'il y a de plus ordinaire dans le monde de l'animation : celle d'une amitié. Une belle et grande amitié entre Hogarth, petit gamin rêveur et gouailleur et un géant de fer. Un immense robot tombé du ciel dans un petit ville de l'Amérique de la fin des années cinquante. Ce qui n'est pas anodin puisque c'est ici que le film s'adresse aux "grands exigeants".
Si cette époque particulière est choisie, c'est pour le climat qui y régnait. Celui de la guerre froide. Période étrange, pleine de méfiance, de concurrence via l'espace, de peur de la bombe et de propagande... Tout cela Bird le met en scène. Il le dénonce même (la dénonciation n'est pourtant pas un concept très "porteur" ou du moins "porté" par le film d'animation) montrant le ridicule vers lequel la parano entraînait la population. Il montre, ainsi, les petits films institutionnels créés pour les écoles, qui enjoignaient les enfants à se glisser sous les tables, les mains sur la tête, pour se protéger des bombes. Cela, plus quelques personnages qui voient les rouges à leur porte et la conspiration dans les foyers américains, et voilà une caricature sympathique, cela va de soi, d'une certaine société américaine.
A cela viennent s'ajouter des références émues à cette génération par le biais des comic books et de la télévision. Car il n'a pas d'origine, ce grand robot (Et c'est tant mieux d'ailleurs, cela aurait pu rendre l'histoire un peu bête). Il vient des étoiles, simplement, ce qui peut prêter à quantité de spéculations pour Hogarth (Non mais, quel nom !) qui voit en lui autant Superman (très en vogue à cette époque) qu'un robot de combat ou l'une des créatures qui peuplent les films de science-fiction de série Z qu'il regarde à la dérobée. Le géant peut être tout ce que Hogarth veut et par répercussion, tout ce que les enfants devant le film veulent... Un ami imaginaire.
Le film ne mériterait pas tant d'éloges s'il ne comprenait aussi un certain nombre d'éléments essentiels. Tout d'abord, une animation hors paire avec un design plein de rondeurs très intéressant, assez loin des visages trop lisses et droit des concepteurs Disney ; il fallait bien que la confrontation ait lieu à un moment ou un autre !
Le robot a, lui même, une forme assez séduisante. Assez simple et proche du style art déco. Il offre ainsi un contraste intéressant avec les forêts du Maine dans lesquelles il se cache une bonne partie du film. Mais le trait le plus fort qui lui est apposé est bien ce comportement de perroquet qui lui fait reproduire le moindre geste de l'enfant. Ce qui, à sa taille gigantesque, peut amener les dégâts que l'on peut imaginer. Dans ces moments, le film fait preuve d'un humour qui ne laissera personne indifférent... quelque soit votre âge (j'ai testé pour vous !) N'hésitez pas, vous ne le regretterez pas.
Cerise sur le gâteau, il n'y a pas les habituelles et agaçantes chansons nian-nian ! Merci infiniment au réalisateur !
Le Géant de fer
De Brad Bird
Etats Unis, 1999, 1h25.
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