Fluctuat/Arts, culture, société, poil à gratter
• Musique • Cinéma • Livres • Jeux vidéo • Télé • Société • Arts • Scènes • Sortir

> newsletter | blog scènes | forum théâtre danse | jeux | concours
dernière mise à jour le 12.02.12 à 14:57
x fermer Inscrivez-vous à la newsletter Flu :
Articles
Festival Anticodes : 4 artistes à suivre
En atendant, Anne Teresa De Keersmaeker
Raimund Hoghe - Si je meurs...
Alain Platel - Gardenia
Alain Buffard - Tout va bien
Les dessins de Trisha Brown
La performance : exposer l'inexposable
Tacita Dean/Merce Cunningham
Danse élargie
10 minutes à perdre
L'Oubli, toucher du bois de Christian Rizzo
Articles Scènes
Entretiens
Entretien vidéo avec Jan Fabre
Entretien vidéo avec Jan Fabre
Entretien avec Nicolas Bedos
Entretien avec Fred Pellerin
Entretien avec A.T. De Keersmaeker et Jérôme Bel
Entretien avec Jérôme Bel et A.T. De Keersmaeker
Entretien avec Susanne Linke
Entretien avec Jacky Sigaux
Entretien avec Alain Platel
Entretien avec Jean-Claude Gallotta
Rencontre avec Wim Vandekeybus
Interviews Théâtre Danse
Dossiers
Martha Graham en vidéos
Martha Graham en vidéos
Chaillot, nouveau temple de la danse
Les Ephémères
Arts de la rue
Acteurs au théâtre
Festival Mettre en Scène 2007
Avignon 2007
BIAM 2007
Tous les dossiers Théâtre Danse
Année 1998

Ibsen le centrifugeur

Hedda Gabler - Eric Lacascade

Hedda Gabler d'Henrik Ibsen dans une mise en scène d'Eric Lacascade, au Théâtre de l'Odéon (Ateliers Berthier) jusqu'au 5 mars 2005

On attendait beaucoup de ce spectacle qui devait consacrer Eric Lacascade comme le grand novateur de sa génération, et qui sait, l'égal de ce que Chéreau fut en son temps... Las ! il ne parvient pas à faire dérailler la mécanique (trop) bien huilée de la pièce d'Ibsen.

Rappel des faits : Eric Lacascade (entretien, juin 1999) avait génialement montré - dans Ivanov, La Mouette, Les Trois sœurs et Platonov - la violence extrême des sentiments mis en jeu, du désir de l'autre, du désamour et de la haine de soi qui affleuraient des corps pantelants. Les meurtres et suicides sur lesquels ces spectacles s'achevaient ne tombaient pas de l'espace (comme c'est ordinairement le cas dans ces Tchekhov mélancoliques à souhaits, dignes ou larmoyants selon les cas), mais marquaient l'aboutissement inéluctable d'un processus d'autodestruction que la mise en scène donnait pleinement à voir.

C'est dire que, au risque de se répéter, on attendait beaucoup d'Hedda Gabler. Rien pourtant de tout cela ne se produit dans cette pièce que d'aucuns considèrent comme un chef-d'œuvre d'Ibsen. Peut-être est-ce là d'ailleurs que réside l'origine du mal : entre la mise à nu d'une supposée psychologie féminine et le tragique boulevardier, la différence semble assez ténue. Qu'est-ce finalement qu'Hedda Gabler ? Une intrigue cousue de fil blanc, des seconds rôles monolithiques, une héroïne qui prétend au sublime tout en caressant des désirs parfaitement petits-bourgeois : avoir un mari ministre et les moyens d'entretenir un personnel suffisant pour donner des soirées. Hélas, si son mari n'obtient pas la nomination sur laquelle il compte, adieu veaux, vaches, cochons, couvées... Or, Hedda doit se rendre à l'évidence : elle a misé sur le mauvais cheval, car son amour de jeunesse, tenu alors pour un loser, se révèle autrement prometteur. Mais les jeux sont faits et Hedda, plutôt que d'accepter sa défaite, n'a plus qu'à faire le ménage par le vide, vide qui fait l'objet d'annonces insistantes tout au long de la pièce : les continuelles allusions aux revolvers du Général Gabler mettraient la puce à l'oreille du spectateur le plus obtus.

Et les acteurs ? Ils font ce qu'ils peuvent. Isabelle Huppert semble atteinte d'un syndrome dont souffrent beaucoup de grands acteurs arrivés à un haut degré de notoriété : devant un metteur en scène manifestement fasciné par son aura, Huppert restreint ses possibilités au strict minimum et livre ainsi une sorte d'épure d'elle-même, ou d'essence platonicienne de son être charnel, ce qui, en l'occurrence, n'arrange rien à l'affaire. Pascal Bongard, d'ordinaire génial, a bien de la peine à faire du pauvre Tesman (le mari) autre chose qu'un parfait crétin. Quant à Christophe Grégoire, qui fit de Platonov le personnage le plus divinement exaspérant et ignoblement séduisant vu sur une scène française dans la dernière décennie, Christophe Grégoire donc, ne peut sortir Eilert Lövborg, le penseur dépressif et génial, de son emphase et échoue à lui donner quelques aspérités.

Le problème avec ses pièces mi-naturalistes, mi-symbolistes, c'est qu'Ibsen délègue à ses personnages la conduite de la pièce : toutes les répliques sont des poteaux indicateurs, censés permettre aux spectateurs de se retrouver dans les méandres de la psyché humaine. Chez lui, les âmes suivent un tracé rectiligne ; en aucun cas elles n'empruntent culs de sac et chemins de traverse. Dans Hedda Gabler, on ne divague pas, on suit un jeu de l'oie, dont les étapes sont prévisibles, tout comme la mort qu'on voit arriver de loin avec sa faux et ses gros sabots.

A vouloir adapter la mécanique fatale de la tragédie grecque à la réalité de son temps, Ibsen tente de marier la carpe et le lapin : alors que le tragique a une fonction centripète (en tant qu'il pose les fondements d'une communauté qui se constitue comme telle), le monde que veut dépeindre Ibsen est, au contraire, animé par une force centrifuge qui donne à l'individu le loisir d'exister pour lui-même. Quant les personnages tragiques sont des épures d'humanités, les siens sont les pions d'un jeu dont on connaît d'avance l'issue.

Hedda Gabler
d'Henrik Hibsen
adaptation et mise en scène : Eric Lacascade
scénographie : Philippe Marioge
lumière : Philippe Berthomé
costumes : Laurence Bruley
avec Isabelle Huppert, Pascal Bongard, Christophe Grégoire, Norah Krief, Elisabetta Pogliani, Jean-Marie Winling
Au théâtre de l'Odéon (Ateliers Berthier) du 13 janvier au 5 mars 2005
Résa : 01 44 85 40 40

Archives :
- Lire l'entretien avec Eric Lacascade à propos d'Ivanov (juin 1999)
- Lire la chronique d'Ivanov (1999)
- Lire la chronique de La Mouette (2001)
- Lire la chronique de Platonov (2002)
Suivre @fluctuat
Julie de Faramond - 07 mai 2008

• Les news de Saisons, le blog scènes
Jan Karski (Mon nom est fiction) aux Gémeaux Jan Karski (Mon nom est fiction) aux Gémeaux
    Jan Karski (Mon nom est fiction) est une adaptation du...
L'angoissant onirisme de Joris Mathieu L'angoissant onirisme de Joris Mathieu
C'est à partir d'un roman que Lorris Murail a écrit en...
Naples Millionnaire ! Eduardo de Filippo au théâtre de la Tempête Naples Millionnaire ! Eduardo de Filippo au théâtre de la...
1942, l'Italie est en guerre. Les denrées sont rares. Sous le...
L'enfer, premier cercle : Salle d'attente de Krystian Lupa L'enfer, premier cercle : Salle d'attente de Krystian Lupa
Un sous-sol aux murs couverts de graffiti, des garçons, des...
Coeur de chien : une farce féroce et hilarante Coeur de chien : une farce féroce et hilarante
  On connaît Boulgakov, son roman Le...
• Sur le forum Arts

Story of a BiteRecherche de monologues et sketches...Festival Hip Hop Art'mature III à Issy-les...La page facebook de l'école de mime corpor...

• Deal du jour, avec Groupon
> tous les deals
  • J'en profite
• Diaporamas théâtre danse

Scènes : 10 performeurs barrés à découvrir

Quand les humoristes se tapent l'affiche

Théâtre, danse, opéra : les mises en scène qui ont tout changé

7 humoristes dans le vent

Danse : les grands moments de rupture



theatre-danse.fluctuat.net
Zoom sur

Ariane Mnouchkine
Ariane Mnouchkine
Antonin Artaud
Antonin Artaud
Eugène Ionesco
Eugène Ionesco
Robert Wilson
Robert Wilson
Dita Von Teese
Dita Von Teese
Raimund Hoghe
Raimund Hoghe
Martha Graham
Martha Graham
Myriam Gourfink
Myriam Gourfink
Les personnalités Théâtre Danse

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9

Afficher par : naissance / nationalité / métier
Sortir
Dossier
Chaillot, nouveau temple de la danse


Qui sommes-nous ? | Confidentialité | Mentions légales | Publicité | Partenariats | Presse | Index | index théâtre danse | Syndication RSS

Plan du site : Musique - Cinéma - Livres - Jeux vidéo - Télé - Société - Arts - Scènes - Sexe - Foot - Sortir - Forum

Fluctuat.net - Tous droits réservés. Un service édité par Doctissimo Network