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En direct du 57e Festival de Cannes
La fête se termine, petit à petit les stands se replient et la machine festivalière ralentit sa course folle. Aujourd'hui sont présentés les deux derniers films de la compétition, deux films qui concluent ces dix jours avec éclat.
Clean : le portrait d'une femme qui ne s'épargne pas.
Présenté aujourd'hui en compétition, le dernier film d'Olivier Assayas affiche un casting prometteur : Maggie Cheung, que le réalisateur avait déjà dirigé dans Irma Vep, Béatrice Dalle, magnifique de sérénité et réellement métamorphosée, Jeanne Balibar, Nick Nolte, Don Mc Kellar... Ce film est un portrait, une histoire celle d'Emily, une icône déchue du rock n' roll qui a épousé une ancienne star. Aujourd'hui seule, tenue pour responsable de la mort par overdose de son mari, elle tente de reconstruire sa vie et de retrouver la garde de son fils.
Après avoir cherché une forme, notamment dans Demonlover, Assayas donne l'impression d'être apaisé et de travailler dans une direction plus épurée. Le réalisateur voulait montrer Maggie Cheung (sa compagne à la ville) sous un jour plus proche de ce qu'elle est dans la vie, et donner à l'actrice la chance d'interpréter un rôle loin des personnages polis qu'elle incarne habituellement. « C'est moi sur l'écran, bien plus que dans Irma Vep » confirme-t-elle. La lumière posée sur un cadre étudié montre tout d'abord une Emily délurée perdue dans l'immensité des plans canadiens. A mesure que le film avance, elle est plus posée dans l'image, l'habite plus et y a plus d'épaisseur.
On comprend ainsi qu'Assayas en arrive à cette réflexion : « Un film rend tangible un monde qu'on a créé par l'écriture, et auquel le cinéma a donné vie explique-t-il. Quand on voit le film, on découvre à quel point l'écriture est animée par l'inconscient, et habitée par les choses sur lesquelles on n'a aucune prise. Le film révèle tout, comme une photo qui apparaît au contact révélateur. C'est toujours très troublant, mais pour cela il faut laisser le film ouvert, et rester disponible à tout ce qui le peut le nourrir. Faire un film, c'est vraiment dialoguer avec une chose vivante, qui impose sa propre existence, et il faut rester à l'écoute de ce que le film demande, car c'est toujours plus juste que les idées préexistantes. Le monde qu'on a inventé a des exigences que l'auteur ne contrôle plus. »
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