| 1 | This Is It |
| 2 | Le Petit Nicolas |
| 3 | Micmacs à tire-larigot |
| 4 | Lucky Luke |
| 5 | Clones |
| 6 | G-Force |
| 7 | Tempête de boulettes géantes |
| 8 | Cinéman |
| 9 | Le Ruban blanc |
| 10 | Jennifer's Body |
| . | Entretien avec Jean-Pierre Jeunet |
| . | Entretien avec Vincent Patar et Stéphane Aubier |
| . | Entretien avec Katsuni |
| . | Entretien avec Simone Bitton |
| . | Entretien avec Sebastián Silva |
| . | Les interviews Cinéma |
| . | The Box |
| . | Les Herbes folles |
| . | Visage |
| . | Le Concert |
| . | Away We Go |
| . | Clones |
| . | Irène |
| . | Panique au village |
| . | Les critiques Cinéma |
En direct du 57e Festival de Cannes
Croire que Cannes ne serait qu'une histoire d'apparence serait une grande erreur. Outre les auteurs qui défendent le Cinéma avec exigence, il est des cinéastes engagés dans la défense d'idéaux politiques. Michael Moore est de ceux-là.
L'une des caractéristiques du travail de Michael Moore est de s'engager sur le terrain, de prendre ce risque de la confrontation à la réalité. Là encore, il n'hésite pas à aller jusqu'au bout des conséquences de ses affirmations. Les sénateurs américains ont signé The Patriotic Act, une loi limitant gravement les libertés personnelles des individus, sans même prendre le temps de la lire. Qu'à cela ne tienne, le réalisateur prend le volant d'un camion de marchand de glaces ambulant, sillonne les hauts lieux du pouvoir à Washington, énonçant les articles via un mégaphone. Ces images d'un David, ressemblant à un nounours à casquette, contre le grand méchant Goliath capitaliste sont particulièrement efficaces pour nous faire adhérer à la cause. On ne peut qu'applaudir face à cette infatigable volonté de dénoncer l'injustice économique et politique.
Condamnant les magouilles qui sous-tendent l'engagement militaire américain en Irak, montrant les protestations de la population face à ces décisions étatiques, le réalisateur poursuit son travail et nous montre l'autre visage des Etats-Unis, moins glamour, moins uniforme, plus éloigné des images qu'on a l'habitude de voir. L'émotion était palpable lors de la projection officielle du film. Très ému, le festival lui a sans doute fait une des plus longue standing ovation de son histoire puisqu'elle dura vingt minutes. Néanmoins, on peut légitimement penser qu'on applaudissait davantage une intégrité politique, une volonté de dire l'injustice, plus touché par la situation du monde, que par la démonstration cinématographique.
Signant le grand retour du cinéma allemand, The Edukators, deuxième film de Hans Weingartner, présenté en compétition officielle, est la bonne surprise de la journée. Jan, Peter et Jule rêvent de changer le monde. Afin de donner une petite leçon aux richissimes bourgeois, ils pénètrent dans leur villas inoccupées. Ils changent l'agencement des meubles et des objets et laissent un message destiné à déstabiliser les propriétaire, espérant ainsi modifier leur mode de vie. Une nuit, un concours de circonstance fait qu'un propriétaire surprend leur action. Ils décident donc de fuir et de le prendre en otage en attendant de savoir comment se sortir d'affaire. A partir de ce canevas assez banal, le réalisateur nous plonge au cœur d'une réflexion sur ce que peut être la lutte révolutionnaire aujourd'hui. Suffit-il d'acheter des t-shirts ou des autocollant à l'effigie de Guevara ? Comment les générations actuelles héritent-elles des idéaux de leurs parents, acteurs des événement de 68 et devenus les grands décideurs du monde capitaliste et de la société actuelle ? Comment continuer de croire que les idées des pères restent valables ? Non sans ironie ou cynisme le réalisateur revient sur cette question de l'engagement et de sa légitimité grâce à une partition dialoguée très juste et formidablement interprétée.
Poursuivant dans cette veine politique, on pouvait voir aujourd'hui The Assassination of Richard Nixon. Ce film dont les rôles principaux sont interprétés par Sean Penn et Don Cheadle, est projeté dans la sélection Un Certain Regard. C'est le premier long-métrage de Niels Mueller, un réalisateur qui concourt donc pour la Caméra d'Or. En 1974, Richard Nixon est sur tous les écrans de télévision. Ses interventions mensongères ponctuent le quotidien des américains. Sam Blicke traverse une situation personnelle difficile. Il ne se remet pas de sa séparation avec sa femme et il lui est pénible de répondre aux exigences professionnelles de ses employeurs. Commercial, il doit vendre toute la journée et mentir pour réussir à convaincre ses clients. Cette tromperie lui est insupportable et petit à petit il bascule dans la folie. Ce type un peu paumé, qui se décrit lui-même comme un grain de sable presque inutile, est englué dans ses problèmes. Sans aide, il va bientôt se transformer en terroriste. Ainsi, Mueller dresse un portrait au vitriol d'une Amérique prônant une dictature de la normalité qui n'a rien de naturel. Petit à petit, il déroule le destin d'un homme qui va devenir un terroriste en essayant de montrer comment on peut en arriver à de telles extrémités - une manière sous-jacente de revenir aux événements du 11 septembre ?
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z