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Après une très belle cérémonie d'ouverture rondement menée par la magnifique Laura Morante, le festival continue sur sa lancée du glamour. Aujourd'hui Troy, le dernier film de Wolfgang Petersen, est présenté hors compétition.
Attendus par une armée de fans et de photographes, les beaux Brad Pitt et Orlando Bloom sont arrivés dans le palais, pour se soustraire aux exercices de style - photocall et conférence de presse. Ils fouleront cet après-midi le tapis rouge en smoking. On prévoit des jeunes filles en fleurs toutes retournées au bas des marches, et un niveau de décibels bien trop important au mètre carré. On vous l'a dit, cette année à Cannes, il y en a pour tous les goûts et Hollywood qui inventa le terme même de « star » est aussi de la fête sans snobisme ni vergogne. Ainsi la première journée du festival est marquée par une ambiance bonne enfant.Deux très belles découvertes ont ouvert la compétition officielle. Résonnant d'une même incandescence, les deux films de ce jour montrent des personnages freinés par le monde qui les entoure et les empêche de profiter de l'élan de la vie. Les Conséquences de l'Amour, deuxième long-métrage du jeune réalisateur italien Paolo Sorrentino est l'histoire d'un homme qui est passé à côté de sa vie. Il va avoir cinquante ans et voilà près de quinze ans qu'il loge dans la chambre d'un grand hôtel, séparé de sa femme et de ses enfants qui ne veulent pas entendre parler de lui quand il appelle. Qu'a-t-il donc fait pour en arriver là. Implacablement, Titta Di Girolamo raconte sa vie, ce qu'il pense, il se parle à lui-même comme s'il s'adressait à un spectateur imaginaire. Pas vraiment de mots, justes des idées et des sensations, filmées comme des dialogues. Comment cet homme qui offre de prime abord les apparences d'une vie ordinaire, qui semble lucide et censé, en est-il arrivé là ? Sur une partition implacable, Sorrentino offre sans prétention, le témoignage touchant d'une vie un peu ratée. Pourtant pas une once de moralisme dans ce film, et le spectateur qui était venu chercher une réponse est renvoyé à ses propres interrogations sur ce que sont l'amour et la vie et le rapport à l'autre. L'histoire s'est déroulée logiquement et de manière implacable et nous laisse sans une branche à laquelle nous raccrocher mais avec cette envie d'aller voir dès cet instant, pousser les roses de la vie.
Nobody Knows est également un film dont la chute est inexorable sans qu'on sache exactement qu'elle en sera sa nature. Le scénario est inspiré d'un fait divers. Nous sommes au Japon, à Tokyo plus précisément, et plus précisément encore dans un appartement de la ville. Keiko vient d'emménager dans cette fourmilière. Elle présente Akira, son fils âgé de 12 ans aux concierges et veille à ce que les valises ne soient pas trop chahutées par les déménageurs. Une fois ceux-ci partis, les valises se mettent à bouger. Etrange mais évident, il y a bien deux enfants de cinq et sept ans qui sortent des sacs. La chose semble naturelle : ni la petite Yuki, ni le turbulent Shigeru ne se plaignent vraiment, en tous cas, ils ne semblent pas malheureux. Keiko est en fait la mère de quatre enfants. Akira est le plus âgé, il a une sœur d'une dizaine d'années, Kyoko, qui les rejoint par le bus et fait le mur pour rentrer chez elle. Une fois la famille au complet, la mère édicte les règles de vie de cette nouvelle maison. Sans méchanceté aucune, elle menace ses enfants d'un déménagement forcé s'ils désobéissent. L'étrange entre dans l'histoire et attise notre curiosité. Pourquoi ces enfants n'ont-ils pas le droit de sortir de chez eux ? Pourquoi ne vont-ils pas à l'école ? Qui est cette mère ? Est-elle réellement aussi gentille qu'elle y parait ? Suivant de près les personnages, on découvre au fur et à mesure la réalité de leur vie, une réalité qu'on aurait pu deviner si on ne l'avait pas sue… Ce qu'on a deviné c'est que présenter dès le début du festival des films aussi beaux et aussi exigeants est très prometteur pour la suite… Vivement demain !
[Illustrations : DR Festival-Cannes.fr]