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En direct du 57e Festival de Cannes
C'est entendu, les intermittents s'exprimeront. Outre l'événement politique, que reste-t-il de l'événement cinématographique ? Sur le papier tout est là et chacun se pourleche les mirettes en regardant le programme…
Par ailleurs, tous les membres du jury cru 2004 semblent sympathiques. Du populaire Benoît Poelvoorde à la sublime Emmanuelle Béart, de l'extraterrestre Tarantino à la très terrestre Edwige Danticat productrice et écrivain hawaïenne (elle a notamment signé The Agronomist, film documentaire réalisé par Jonathan Demme) il y en a pour tous les goûts. Chacun devrait donc, cette année, retrouver son parfum filmique préféré. Il ne reste qu'à l'émulsion de prendre pour que la fête du cinéma advienne réellement et que la Croisette rayonne de starlettes parfois un peu énervantes mais finalement si Cânnes !
Aujourd'hui il pleut, il fait froid et les contrôles de sécurité rigoureux rebutent parfois le cinéphile à la recherche d'une perle. Ce n'est que le premier jour, le cinéphile se rabattra sur le film d'ouverture La Mauvaise Education. Pedro Almodovar est très attendu sur la croisette. Récompensé dans le monde entier pour nombre de ses films - il reçut l'Oscar du meilleur film étranger en 2000 pour Tout sur ma mère - le cinéaste arrive paré d'une aura très kitsch. Projeter son film en ouverture, c'est à la fois l'accepter dans le sérail très fermé des films sélectionnés tout en l'écartant de la compétition, un hommage des plus polis, sans plus, ce qui correspond assez bien au sentiment qu'offre la vision du film. Ressassant des thèmes déjà travaillés dans ses premiers films, Almodovar est peut-être encore plus proche ici d'une sorte d'autobiographie. Fausse patine, lourds clins d'œil à ses précédents films, à la Movida espagnole des années 80, références autobiographiques... le film prend très vite des allures de télénovelas : un peu désolant. On se consolera en regardant la montée des marches précédant la cérémonie d'ouverture et en ce demandant quel en sera le happening. Gestes de soutien des membres du jury, gestes de fronde des lutteurs, le tout dans un ballet bien réglé et finalement identique aux pirouettes et roues de paons très habituelles sur les marches. Vivement demain !
[Illustrations : DR Festival-Cannes.fr]