Directrice des Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis. Mai 2004
Sous l'impulsion d'Anita Mathieu, Directrice des Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, le concours de Bagnolet crée en 1968, devient en 2003, après avoir été une biennale, un festival annuel dédié à la jeune création internationale. Cette nouvelle édition met en perspective le foisonnement et la singularité créatives des courants contemporains.
Fluctuat: Votre programmation tisse des liens entre diverses formes d'expressions artistiques : une certaine forme de théâtralité, la performance, les installations, les arts plastiques, les projections multimédia et vidéo. Pourquoi avoir conservé le terme « chorégraphiques » comme réceptacle d'un tel foisonnement créatif ?
Anita Mathieu : Il est nécessaire de donner au terme chorégraphie toute son ampleur, tout ce qu'il suggère et dévoile sur le corps, sur les singularités des écritures, sur les partis-pris des œuvres. Il s'agit d'une notion forte qui souligne l'art du mouvement et la présence des corps. Mais il est vrai que, depuis 1988, l'appellation « Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis » est un peu longue. Toutefois, chaque mot a une juste place et reflète vraiment l'action que l'on mène et je trouve qu'entre tous ces termes il y a une résonance. Cette désignation est caractéristique de l'histoire de cette manifestation : avant, c'était l'ancien concours de Bagnolet. Celui-ci a révélé tous les chorégraphes des années 80 qui, pour la plupart aujourd'hui, dirigent les centres chorégraphiques nationaux.
La programmation des Rencontres s'inscrit dans un frottement transdisciplinaire tout en proposant une transformation des espaces de représentation.
Les résonances, les interférences entre les écritures, les interdisciplinarités entre les arts me semblent très importantes. Les chorégraphes s'emparent beaucoup du matériau de l'image tout comme les plasticiens s'emparent du matériau des corps.
Cet échange est nécessaire, cet apport réciproque représente un état de la modernité et de la réflexion sur l'art. On ne peut pas rester cloisonnés, la danse est traversée par l'image, par le son, par le texte. Les artistes qui abordent le média de la vidéo réfléchissent un corps et se l'approprient d'une façon plus crue, plus intime, plus viscérale. Les arts visuels servent à donner une autre lecture, à aborder des continents nouveaux. Ils permettent aux chorégraphes de développer une autre recherche sur le corps, de réfléchir à la mise en dialogue avec l'image, laquelle offre un focus et amène des plans nouveaux dans la lecture des codes. Le multimédia n'intéresse pas tant les chorégraphes. Rachid Ouramdane utilise Internet pour questionner la jeunesse et la mort et pour y trouver un certain nombre d'informations.
Avec les différents plateaux, nous avons la possibilité de présenter diverses catégories de spectacles, ce qui permet dans des jauges plus proches de montrer des pièces qui impliquent une confrontation intimiste avec le spectateur. Il existe aussi des pièces qui nécessitent un grand plateau, d'autres demandent un dispositif complexe pour que le public puisse se déplacer sur le plateau et à l'arrière scène. La diversité des plateaux permet d'accompagner cette prise de risques, d'œuvrer sur les sens, sur les notions de temps et l'espace.
Avez vous l'impression d'offrir une visibilité à une nouvelle forme d'art qui serait avant-gardiste ?
La programmation tend vers une nouvelle avant-garde, mais ce qui m'importe surtout c'est de permettre à la création d'aujourd'hui de trouver une visibilité. Je trouve que les artistes qui sont dans un processus de recherche s'inscrivent dans le présent. Dans le futur ils seront peut-être perçus comme étant des germinations avant-gardistes.
Comment choisissez-vous vos spectacles, quel est le moteur qui détermine vos coups de cœur ?
Il y a des choses qui s'imposent dans les coups de cœur. Face à une œuvre, c'est l'originalité et l'inattendu qui me touchent. Certaines pièces, comme Lettere Amorose de Raimund Hoghe ou An Antigone de Wanda Golonka, me semblent essentielles, car elles offrent une perception du monde, traversent un monde sensible avec énormément de répercussions.
[illustrations : Portrait d'Anita Mathieu. Photo Dominique Tissier ; corps de texte : 1. La Mort et le jeune homme de Rachid Ouramdane (crédit Patrick Imbert) 2. Lettere amorose de Raimund Hoghe (crédit Rosa Frank)]
Vous êtes programmatrice, vous voyez de nombreux spectacles en voyageant dans le monde entier, comment arrivez-vous à être encore étonnée ?
Dans ce métier, l'humilité s'impose. Si on perd la capacité à être étonnée, je crois qu'il faut arrêter de se déplacer et d'avoir cette responsabilité. Nous devons assumer un rôle très important de passeur, nous créons des échanges vers les autres pour leur montrer des œuvres qui nous ont interpellées et qui nous ont touchées. C'est terrible de ne plus être animé par le désir. Il faut garder cette passion, sinon on ne peut rien communiquer. On doit un respect à l'artiste, certains travaillent d'ailleurs dans des conditions vraiment difficiles. Lorsqu'on sent jaillir quelque chose, il faut immédiatement avoir l'envie d'accompagner, d'aider ces artistes à porter leur travail.
Il m'arrive aussi de programmer des pièces fragiles sachant qu'elles ne présenteront qu'une étape dans l'évolution du travail de l'artiste. Mais il me semble important de dévoiler ces propositions. Parfois des œuvres très bien léchées m'ennuient et je préfère celles qui contiennent une force invisible, qu'on perçoit, je les trouve beaucoup plus riches, parce qu'on sait qu'il va y avoir une émanation quelque part.
<<< Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis |
Sur le web
ROCK || HIP HOP || REGGAE || ...
Erik Satie / Henri Barbusse / Raymond Gérôme / Jean Vautrin / Dennis Hopper / Taj Mahal / Christian Blanc / Gerard Krawczyk / Jean-Marie Bigard / Bill Paxton / Dave Sim / Janez Drnovsek / Enya / Trent Reznor / Andrea Corr / Tony Parker /
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métier

|
|
|
| + | Des places à gagner pour Ask the Dust et A place to bury strangers |
| + | Des B.O. et des livres Paranoid Park à gagner |
| + | Remportez l'autobiographie de Tony Visconti |
Zoom sur
Quentin Tarantino / Arcade Fire / Björk / Keny Arkana / Sophie Marceau / Nicolas Sarkozy / Emmanuelle Seigner / Wong Kar-Wai / Michael Moore / Audrey Tautou / Scarlett Johansson / Johnny Depp
- Fluctuat / Le PC est-il toujours stalinien
- Musique / Recherche de paroles "She can't ...
- Cinéma / quizz Cinema ... Devinez le film.
- Arts et spectacles / SOIREE BACK TO BASICS...
- Jeux vidéo / code amis animal crossing wil...
- Foot / Pronostic Euro 2008
- Livres / maupassant - qu'avez vous pensé...
- Télé / topics jeux série