du 25 octobre 2002 au 02 février 2003 au Pavillon des Arts à Paris
Après avoir rendu hommage à Auguste Sander, Denise Colomb, André Kertész, Willy Ronis et Anita Conti, le Pavillon des Arts propose jusqu'au 2 février 2003 la première rétrospective parisienne du travail de Jean Dieuzaide.
Une fois seulement cette naïveté retrouvée, il sera possible d'arpenter les cimaises d'un regard curieux et neuf en suivant la ligne oblique qui a toujours défini le travail photographique de Jean Dieuzaide. Sept chapitres, « Reportage », « Portrait », « Architecture », « Paysages », « Photographie industrielle », « Natures mortes » et « Tentatives » fragmentent les deux cents photographies qui constituent ainsi la première rétrospective parisienne du photographe seul double lauréat des prix Niepce [1955] et Nadar [1961].
L'oblique est la ligne directrice de cette exposition, que l'on aurait pu croire éclectique, si elle ne nous guidait pas. Ce regard architectural, construit comme une structure métallique est constante dans le travail de ce photographe depuis ses premières images de reportage, réalisées en Espagne, au Portugal et en Turquie jusque dans les méandres de ses « Tentatives », photographie créative où l'on pourrait croire que le figuratif s'est oublié. Ce n'est pourtant pas le cas car la ligne n'est ni froide, ni désincarnée et elle sait rendre avec chaleur les formes qu'elle impressionne.
La césure de 1971 et de l'accident qui contraint Jean Dieuzaide à arrêter le reportage pour s'essayer à une photographie plus personnelle avec les natures mortes comme « Le chapeau de mon père sur les partitions de ma mère » [1975], ne fait pas sens artistiquement, car si les objets, sur lesquels portent depuis son regard, ont changé, celui-ci demeure identique à lui-même.
La ligne toute photographique est ainsi toujours présente comme si cette abstraction qui affleurait déjà dans ses images de reportages se révélait un peu plus dans la suite de son travail et ne faisait que traduire une appréhension des « Mystères » de l'homme. « La gitane de Sacro monte », nouvelle figure de la vierge à l'enfant, les vues du ciel, de la terre et de l'eau comme « La cigogne blessée » [Tarn, 1968], les lignes épurées d'Églises, l'envol du « Concorde » [1968] depuis un tarmac vertigineux, les photographies industrielles, jusqu'à cette plume « Cadeau d'un pigeon dans mon jardin » [1967] et ce « Vase de la Saint-Jean » [1985], trouvent un autre sens que celui d'une esthétique qui aurait pu être détachée de l'homme et des questions qu'il se sera posées sur la création.
Même si ses objets ne le sont pas, le travail de Jean Dieuzaide a quelque chose de mystique. Il dénote les questionnements d'un homme qui a toujours regarder au travers de son viseur avec curiosité et étonnement en tentant, peut-être de manière instinctive, de traduire l'ordonnancement d'un monde dans lequel il « croit » profondément.
« Jean Dieuzaide : un regard, une vie » 25 octobre 2002-2 février 2003 Pavillon des Arts, 101, rue Rambuteau, Terrasse Lautréamont - 75001 Paris M° Les Halles
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