Les Nuits des Musiciens, concert du 12 décembre 2004 à Paris.
Le batteur André Ceccarelli avait carte blanche vendredi 12 décembre. Invité par l'Association Les Nuits des Musiciens, il s'est entouré de sa famille et de ses plus proches amis musiciens pour offrir un spectacle rythmé, chanté, dansé. Un vrai bonheur musical.
L'introduction réussie, c'est au maître de cérémonie de prendre la parole. André, petit homme chevelu et rieur, s'approche du micro, chacun comprend qu'il est meilleur batteur qu'orateur. Il le dit lui-même, il a préparé « des fiches qui sont plus des affiches », des notes manuscrites qui lui font garder le fil de la soirée. Les invités se succèdent, la carrière de Ceccarelli défile, pointures du jazz français et italien se lâchent en toute liberté.
Ses deux acolytes du Trio Sud, Marc Jaffet à la basse et Sylvain Luc à la guitare, entrent en scène pour interpréter un court échantillon de leur répertoire, on en voudrait davantage mais Ceccarelli a beaucoup d'amis. L'Argentin Minino Garay débarque avec son immense sourire, ses cheveux démesurés et sa taille de basketteur. Ses longues mains s'affolent sur des percussions, il danse, chante et laisse exploser une joie démesurée. Un personnage hors norme qui a toute sa place dans le giron Ceccarelli.
On croise le contre bassiste Rémi Vignolo, membre du quartette de Ceccarelli à l'époque du magnifique West Side Story (1997, BMG) et le pianiste Franck Avitabile, jeune poulain du jazz actuel initié par Michel Petrucciani. Plus inédit, le curieux Emmanuel Bex à l'orgue nous précipite dans un labyrinthe mélodique nourri de phrasé étendu à la limite du mystique.
André Ceccarelli change de décor en seconde partie lorsqu'il présente le Paris Jazz Big Band, une formation peu courante qui fleurit grâce à Pierre Bertrand et Nicolas Folmer et dont Ceccarelli est le parrain. Artillerie lourde et cuivrée, changement d'ambiance. Sur le devant de la scène, Ceccarelli à la batterie, dos courbé sur sa caisse claire, la tête penchée sur le côté, savoure en parfait chef d'orchestre.
Le Paris Jazz Big Band accompagne les rythmes saccadés de l'accordéon de Richard Galliano et le phrasé dansant de la chanteuse brésilienne Marcia Maria. Le grand ami italien de la famille Ceccarelli, Stefano di Battista fait plusieurs apparitions. Saxophoniste de renom, il dégage dans son jeu la simplicité et l'enthousiasme qui fait écho au contact chaleureux qu'il entretient avec la « famiglia Ceccarelli » ! ! ! André Ceccarelli a passé une bonne nuit.